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22-29 Janvier 1943: Marseille à l’heure des rafles par HJG © vidéo

La défaite des armées françaises en mi-juin 1940, a des conséquences immédiates en Provence et à Marseille. La population augmente brutalement avec l’arrivée des réfugiés français et étrangers qui fuient l’avance allemande.

L’État français impose sa politique de « Révolution nationale » : la municipalité phocéenne est dissoute et remplacée, les opposants sont pourchassés, de nouvelles organisations comme la Légion française des combattants quadrillent la ville.

 

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MARSEILLE évacuation le 23 Janvier 1943 par Josepha_Coccinelle

 

Les « indésirables » juifs, tsiganes, francs-maçons sont exclus de la vie sociale. Pendant l’été 1942, l’État français livre les Juifs étrangers de zone libre aux nazis.
Les Allemands obtiennent d’importantes livraisons de marchandises arrivées par le port de Marseille et des contingents d’ouvriers partent travailler outre-Rhin. Les restrictions alimentaires contribuent à détacher du régime beaucoup de Marseillais qui ont pourtant accueilli avec beaucoup de chaleur le Maréchal en décembre 1940.
Les juifs sont en plein désarroi devant les mesures antisémites, comme le Statut des juifs qui laisse de nombreux juifs sans emploi et celle des professions, la loi du 4 octobre 1940, loi d’internement des juifs étrangers dans des camps spéciaux et celle du 7 octobre 1940, l’abrogation du décret Crémieux.

Les juifs qui sont attachés à la France, se déclarent par civisme.
Le grand rabbin Hirschler organise les aides à la communauté. Des associations non juives comme la Cimade, organisation protestante, les Quakers, viennent en aide aux juifs qui, à cause du Statut des juifs, ont perdu leur emploi. La presse antisémite s’est installée à Marseille.
On peut résumer l’histoire de s résistants juifs marseillais en quatre temps.

 

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Les sanglots longs des violons

En premier lieu, dès l’automne 1940 se constitue un groupe de Juifs venant de Paris autour des militants comme Abraham Hacham, Hélène Faich et le rabbin Shneerson.

L’un des rôles de ce noyau est de développer les contacts avec les réfugiés internés dans les camps de la zone sud.

Puis en 1941, l’activité de la MOI va se structurer. Adam Rayski venu de Paris, fonde cette année-là le groupe Solidarité. Mila Diameat organise le groupe de sabotage FTP-MOI de la mine de Biver.

Ensuite, en 1942, il y a le passage à l’action du groupe FTP-MOI, c’est le détachement Marat.

Le second groupe, formé en juin 1942, comprend exclusivement des immigrés juifs, tels Boris Stserban, alias Jeannot, Lev Tchernine, Fernand et Anna Gothenberg.

Trois jours après l’invasion de la zone non occupée, le 11 novembre 1942, les Allemands entrent à Marseille.

La détermination nazie repose sur la volonté d’accélérer la réalisation de la Solution finale, ordonnée à la conférence de Wannsee.

En décembre 1942, le tampon « JUIF » est apposé sur les papiers d’identité.

La Gestapo et la Milice traquent les juifs. Un groupe de résistants juifs organise l’attentat du 3 janvier 1943 contre l’hôtel Splendid où siège la commission mixte germano-italienne.

Six mois après la rafle du Vélodrome d’Hiver, suivie de celles effectuées par la police française en zone dite libre l’été 1942, une opération d’envergure de la police allemande en France, les mesures d’évacuation des quartiers du Vieux-Port et du Panier.

Du 22 au 29 janvier 1943, une action conjuguée est menée par la police française et la Gestapo allemande dont le siège se situe au 425 rue Paradis.
Du 22 au 29 janvier 1943, des milliers de personnes sont arrêtées et passent devant une commission de criblage aux Baumettes.

 

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Arrestation des juifs à Marseille

 

Les suspects sont envoyés en gare d’Arenc, puis à Compiègne. Puis, les habitants du vieux port sont évacués par des policiers et des soldats allemands à Fréjus.

Sur 20 000 raflés, 5 000 peuvent rentrer à Marseille. D’autres partent en wagon à bestiaux pour Compiègne, Drancy, Sobibor. Le quartier du vieux port est dynamité. 2000 personnes sont déportées et la plupart d’entre elles sont juives (1642).

Sur plus de deux mille personnes emmenées à Compiègne, seules quarante-deux reviendront. Un juif sur cinq a été déporté de Marseille.

 

Fait monstrueux, indicible
La Shoah est indélébile
Que tous les mots versatiles
Manquent pour nommer le péril

Tués pour ce qu’ils sont, les juifs
Acheminés vers leurs bourreaux
Tous dans des wagons à bestiaux
Jusqu’au bout, la haine des juifs

Négation des droits de l’homme
Comment la civilisation
A perdu toute la raison
Qui l’a rendue si difforme ?

Silence général de tous
Ni pape, ni Croix-Rouge
Ni Roosevelt, ni Tsar rouge
Pour révéler tous les dessous

Dans cette nuit infâme
Des hommes et des femmes
Ont sauvé leurs âmes
D’un monde en flammes

Désobéir, lutter
Pour notre liberté
Est actualité
Et sans inanité

 

 

Haï Joël GUEDJ

 

 

 

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