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27 Mai 1943: Jean Moulin crée le Conseil de la Résistance de la Résistance – vidéos

Le 27 mai est désormais journée nationale de la Résistance, pourquoi ?

La première réunion du Conseil de la Résistance a lieu à Paris, au premier étage du n° 48 de la rue du Four (6e), dans la salle à manger de René Corbin, ancien membre comme Jean Moulin du cabinet de Pierre Cot, ministre de l’air, puis du commerce sous le Front populaire.

Elle est présidée par Jean Moulin dit « Rex », suivant les instructions du général de Gaulle qui lui a transmis un long message manuscrit à lire aux participants après son intervention liminaire. Le Conseil vote à l’unanimité, après un vif débat, une motion lue par Georges Bidault et préparée avec Jean Moulin. La réunion a duré environ deux heures.

 « Conseil de la Résistance […,] c’est le nom que Jean Moulin a choisi après quelques hésitations, comité politique, conseil politique, Conseil politique de la Résistance et finalement il a choisi le nom de Conseil de la Résistance. Ce n’est que plusieurs mois après sa mort dans l’automne et l’hiver 43/44 que par une espèce de convergence d’usage le nom de Conseil national de la Résistance s’est définitivement établi et a été enregistré par l’histoire. » (Daniel Cordier, intervention au colloque du 23 mai 2008 à l’Assemblée nationale, commémorant le 65e anniversaire de la première réunion du CNR).

Robert Chambeiron « Champion », Daniel Cordier « Alain », secrétaire de Jean Moulin, et Pierre Meunier « Morlaix » sont allés « chercher les arrivants aux différentes stations de métro pour les conduire devant la porte d’entrée de l’immeuble, sans leur annoncer le numéro de la rue » et en ne « leur révél[ant] l’étage qu’au dernier moment ». « Rex » a en effet « prévu des rendez-vous à la sortie des stations de métro les plus proches, soit avec un représentant isolé, soit par groupes de deux. […] Je me poste ensuite à la sortie de la station Croix-Rouge fermée afin d’observer tout mouvement suspect dans la rue du Four et prévenir “Rex” par téléphone en cas de danger. J’aperçois au loin “Morlaix” et “Champion” qui montent la garde au coin de la rue de Rennes, à côté du métro Saint-Sulpice. » (Daniel Cordier, Alias Caracalla, Gallimard, coll. « Témoins », 2009, p. 841-842).

Étaient présents, outre Jean Moulin et au-dehors, pour l’organisation, Robert Chambeiron, Daniel Cordier et Pierre Meunier :

  • huit membres des principaux mouvements de résistance des deux zones :
  • Roger Coquoin « Lenormand » (Ceux de la Libération, zone nord)
  • Charles Laurent (Libération-Nord)
  • Jacques Lecompte-Boinet « Lefort » (Ceux de la Résistance, zone nord)
  • Jacques-Henri Simon « Sermois » (Organisation civile et militaire, zone nord)
  • Pierre Villon « Colbert » (Front national)
  • Claude Bourdet « Lorrain » (Combat, zone sud)
  • Eugène Claudius-Petit « Claudius » (Franc-Tireur, zone sud)
  • Pascal Copeau « Salard » (Libération-Sud)
  • six délégués de partis politiques d’avant-guerre :
  • Georges Bidault « Bip » (Parti démocrate populaire, démocrate-chrétien)
  • Jacques Debû-Bridel « Argonne » (représentant la Fédération républicaine, droite)
  • Joseph Laniel (Alliance démocratique, centre droit)
  • André Le Troquer (SFIO, socialiste)
  • André Mercier (Parti communiste)
  • Marc Rucart (Parti radical-socialiste)
  • et deux syndicalistes :
  • Louis Saillant (CGT)
  • Gaston Tessier (CFTC).

Le CNR représente la consécration de l’unité de la Résistance puisque la tenue de sa réunion inaugurale écarte tout risque de scission.

De plus, il convient de souligner le retentissement de la première réunion dans les capitales alliées : le souvenir de la désastreuse Campagne de France y est effacé au profit d’un vent nouveau et impertinent de courage soufflant sur les patriotes de tous les pays occupés. A n’en pas douter non plus, elle signera le renforcement du prestige du général de Gaulle, reléguant les échecs des premiers combats des troupes de la France libre, sévèrement réprimées par l’armée de Vichy, aux oubliettes d’un temps révolu.

Ce qui se joue lors de cette première réunion capitale, c’est la reconnaissance unanime et au nom de la France résistante par les membres du CNR de Charles de Gaulle comme mandataire des intérêts de la nation. L’édifice demeure fragile à plusieurs titres.
D’abord, le général de Gaulle se trouve dans une position difficile et quelque peu marginale vis-à-vis du haut commandement allié.
Le caractère clandestin du CNR, ensuite, pose la question de savoir comment suppléer une consultation électorale impossible, et par là même, comment assurer une représentativité suffisante à chacun de ses membres ?

En pratique, chaque groupement a adopté pour désigner son délégué le procédé de son choix. Dans la majorité des cas, le chef de mouvement ou de l’organisation a procédé à la nomination ou alors à la nomination par le comité directeur du mouvement.
De même d’ailleurs, en cas de départ pour Alger ou d’arrestation du représentant du mouvement, son remplaçant est désigné de la même façon. Le procédé retenu s’apparente à celui d’une élection sur proposition.

Le succès de la tenue de la première réunion du CNR, le 27 mai 1943, va renverser la donne politique française et alliée : Plébiscité à l’unanimité par les représentants de la Résistance intérieure, le général de Gaulle sera en mesure de quitter Londres pour établir le Gouvernement Provisoire de la République Française à Alger, le 3 juin 1943, soit exactement une semaine plus tard. Il sera dorénavant l’interlocuteur obligé des Alliés.

Le CNR sous Jean Moulin

 

Son premier président fut Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, lequel voulait instaurer ce conseil afin d’unifier les différents mouvements de Résistance qui s’étaient spontanément constitués depuis la défaite et son appel du 18 juin 1940, au lendemain de la demande d’armistice par le maréchal Pétain.

Selon les dirigeants de la France libre (FFL), en effet, les mouvements de Résistance, hormis les Francs-tireurs et partisans (FTP) et autres résistants d’obédience communiste, étaient le plus souvent inorganisés et n’étaient pas suffisamment coordonnés.

Aussi, nombre de maquis n’entretenaient pas de relations entre eux et ce cloisonnement des mouvements de Résistance empêchait toute action commune organisée, et donc efficace.

Le , Jean Moulin devient ainsi le représentant du général afin d’unifier l’ensemble des mouvements de Résistance. En juin, il met en place un « Comité des experts » chargé de penser la synthèse des projets politiques pour l’après guerre.

Le tour de force qu’est l’unification se produit un an plus tard, le , lors de la première réunion du CNR qui se tient à Paris.

Cette réunion aura une importance politique considérable, ainsi que l’expose Robert Chambeiron3 :

« Après le 27 juin, les Américains ne peuvent plus douter de la légitimité de De Gaulle. La France devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le . D’autre part, les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération. Et, parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. »

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