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A quand remonte l’arrivée des juifs en Chine (1) ? © Par Caroline Rebouh

La date à laquelle les Juifs se sont implantés en Chine varie selon les auteurs et les chercheurs. Souvent, des dates sont évoquées sans qu’il n’y ait toutefois de preuve à la base comme nous le verrons tout au long de ce premier chapitre.

Il faudrait,  pourtant,  souligner  qu’il existe une confusion  sur le plan terminologique car,  parfois, en parlant de l’entrée des Juifs en Chine, on voulait désigner l’arrivée à Kaïfeng dont le nom subit plusieurs transformations au cours de l’histoire.  Ainsi, nous ferons la distinction entre ces deux termes comme on pourra le voir dans le tableau récapitulatif  à la fin de ce chapitre.

La toute première allusion au fait qu’il y a eu des Juifs en Chine provient du verset biblique situé dans la prophétie d’Isaïe XLIX, 11 à 13 la promesse qu’à la fin des temps,  les Juifs dispersés aux quatre coins de la terre, reviendront non seulement des quatre coins du monde mais il est mentionné expressément qu’ils reviendront aussi de Chine : « Je transformerai toutes mes montagnes en chemins faciles et mes routes seront rehaussées. Voici venir les uns de pays éloignés, voici venir les autres du Septentrion et du Couchant, d’autres arrivent du pays de Sinim. Cieux, jubilez, terre sois dans l’allégresse, et vous, montagnes, entonnez des chants joyeux ! »

Ce verset peut-il constituer ici une première allusion au fait que des Juifs étaient déjà installés en Chine ?   Le Prophète Isaïe ayant vécu pendant l’exil de Babylone[1],  aurait pu être informé du fait que les Juifs étaient arrivés dans l’Empire du Milieu et donc, en connaissance de cause, il aurait pu comprendre dans sa prophétie que les exilés reviendront du pays des « sinim » (chinois).

Depuis, au long des dizaines de siècles écoulés, des voyageurs juifs ou arabes ont entrepris de longs et fastidieux voyages pour retrouver les descendants des dix tribus perdues.

Le   Grand   Rabbin   Ovadia   Yossef  a  reconnu  en  1973   que   les   Juifs d’Ethiopie  étaient   des   descendants   de  la tribu de Dan tout comme le sont les Juifs du Yémen et  le  Grand  Rabbin  Shlomo Amar a déclaré que sans  aucune  erreur la communauté qui se nomme « Bné Menashé » peut en effet être considérée  comme descendant de la tribu de  Menashé[2].

Cependant, aucun de ces deux personnages éminents ne s’est exprimé au sujet des Juifs de Chine.  Le voyageur    juif    Eldad   Hadani    au    IXème    siècle   rendit   visite    aux communautés    qu’il     rencontra    sur   son   passage   et    déclara   que  les descendants des tribus de Zevouloun se trouvaient en Chine. Cependant le    manque   de  précision   empêche    de   considérer     cette     source   comme   exacte   et   digne   de  foi comme ce fut le cas pour les récits de voyages  consignés par Benjamin de Tudèle,   voyageur   juif   du   XIIème   siècle[3] qui ne sert de référence en raison du peu de précision qui caractérise ses descriptions.

La Tradition juive nous enseigne que  les  tribus  de  Benjamin  et de  Judas   ainsi  qu’une partie de la  tribu de Lévy ont seules traversé les siècles  sans  perdre  leur  identité.

Tout   au  long des chemins  empruntés par  les négociants  attirés  par le commerce de la soie ou des  épices, des    foyers    juifs   furent   fondés dans  des villages, des villes, situés à des points   de   relais.   Certaines   cités    devinrent      des     communautés     juives     florissantes.

Des  commerçants juifs   ne   faisaient   qu’y   passer  cherchant   un  simple abri,  d’autres  s’y établirent  et   contractèrent   des   unions  avec  des  femmes   habitant    la région.   Puis,   au   gré   des     mouvements   naturels, des migrations, certaines communautés  juives disparurent  totalement certaines autres se maintinrent,  comme ce  fut  le cas   de  Kaïfeng   en Chine.

On ne peut fixer de date précise au sujet de l’implantation des Juifs en Chine, car nous n’avons que peu de preuves véritables ; de nombreuses hypothèses, seulement, ont été émises.

Sur le plan de fouilles archéologiques, les chercheurs, au début du XXème siècle, n’ont trouvé que des manuscrits prouvant l’existence de communautés juives dans l’Empire du Milieu mais rien ne nous permet de manière évidente  de fixer une date d’arrivée, bien qu’ait été avancée la date de 718 (après JC) pour l’origine des documents trouvés lors des fouilles, mais,  cela ne prouve que l’existence de la communauté en cette période mais pas sa date d’arrivée.

En revanche, on pourra comprendre que les Juifs sont arrivés en Chine par vagues successives et non pas forcément en une seule fois.

C’est surtout grâce aux rapports écrits par des missionnaires, que s’est  profilée  la possibilité de déterminer une ou plusieurs périodes pendant lesquelles se seraient produites ces vagues d’immigration.

Les stèles de pierre qui étaient apposées à l’entrée de la synagogue de Kaïfeng vont, elles aussi, nous permettre d’avoir une date approximative de l’installation des Juifs dans la ville de Kaïfeng comme nous le verrons  dans le  sous-chapitre  consacré aux » stèles ».

Nous allons rapporter ici les différentes hypothèses permettant d’évaluer les diverses possibilités de  l’arrivée des Juifs  dans l’Empire du Milieu.

Les évènements historiques rapportés ne sont pas toujours les mêmes selon les sources que les auteurs cités consultèrent. Cependant, des sinologues éminents des XVIIIème et  XIXème  siècles tels : Jean-Pierre Abel-de-Rémusat (1788-1832), le Baron Antoine Isaac Silvestre de Sacy (1758-1838), Joseph de Guignes (1721-1800) et le fils de ce dernier, diplomate et éminent sinologue, Chrétien-Louis de Guignes (1759-1845) se sont penchés sur l’histoire de la Chine.

Après avoir fait leurs recherches, ils sont parvenus à la même conclusion : les premiers fondements de la monarchie chinoise ont été jetés par les descendants de Noé et voici d’après les sources chinoises comment les choses se seraient passées :

Les fils de Noé se répandirent en Asie Orientale ; leurs descendants pénétrèrent en Chine, environ 200 ans après le déluge[4]. C’est dans la province de Chen-Si  (ShaanSi actuel) que les premiers peuples sortis du Couchant vinrent d’abord s’établir.

Plusieurs chefs de famille quittèrent alors cette province pour se fixer et se multiplier dans le Hé-Nan, Pé-Tché-Li et le Chan-Tong. Ces trois provinces reçurent de nouvelles colonies et leurs habitants, avec le temps, formèrent ensemble sous un seul souverain, un Etat qui ne s’étendait que vers le nord du Yang-Tseu-Kiang (le Fleuve bleu).
Le premier monarque chinois se nommait Fo-Hi et il eut six successeurs. La date à laquelle Fo-Hi monta sur le trône est pratiquement inconnue.

La Chronologie chinoise n’offre de garantie quant aux dates qu’à partir du règne de Yao (6ème successeur de Fo-Hi) et ce n’est donc qu’à partir de cette date (2357 avant l’ère vulgaire) que la Chronique est bien construite en faisant connaître le nom de chaque « empereur », la durée des règnes, des divisions, révolutions, régences etc… Le tout, sans aucune altération. A partir d’une comparaison bien simple faite entre les données historiques sur les premiers empereurs chinois et les personnages cités dans le Pentateuque, on peut arriver à dresser une chronologie similaire dans la durée des règnes  et la durée de la vie des hommes cités dans le Pentateuque.

 

Caroline Elisheva Ben Abou                

[1]– Pendant le premier exil de Salmanasar  vers -735.

[2]– Cependant, aucun de ces deux chefs spirituels ne se prononça quant aux Juifs de Kaifeng….

[3]– Benjamin de Tudèle a écrit à propos des Juifs de  Chine qu’ils étaient « tous noirs » et avançait aussi des chiffres démesurés ce qui discrédita ses rapports de voyage. Voir LESLIE D.D.,The survival of the Jews of China, Leiden, Brill, 1972, p.10.

[4]-D’après la Genèse, le déluge eut lieu vers 1656 de la création du monde ou 2075 avant JC.

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