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Batna, berceau de la famille Elbez: un nouveau diaporama par Joël Haï Guedj

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C’est avec joie qu’on écoute Emmanuel Guedj nous chanter avec douceur et brio la paracha Tazria, celle de sa Bar Mitsva. En hommage à tous nos parents qui sont présents ici-bas ou ceux qui sont En-Haut.. Chabbat Chalom

 

 

Le 12 février 1844, près de l’endroit de l’embranchement des routes des Batna-Bemelle et Batna-Condorcet et de la Mella, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, lieutenant général de l’armée française menant l’expédition de Biskra, décide de bivouaquer.
Se rendant vite compte de la situation stratégique de l’endroit (à mi-chemin entre Constantine et Biskra), l’expédition décida, dès 1844, la construction d’un camp militaire fixe destiné à contrôler les différents axes routiers.
La ville de Batna a vu le jour sur décret du 12 septembre 1848 signé par Napoléon III. En 1844, pendant l’expédition de Biskra, on établit au lieu-dit : Ras-el-Aïoun-Batna, (tête des sources de Batna), un camp destiné à protéger la route du Tell au Sahara, et à dominer les montagnes de l’Aurès.
La situation était bien choisie, car Batna est à 1 021 m au-dessus du niveau de la mer. Il se forma peu à peu, autour de ce camp, un centre de population qui prit d’abord le nom de Batna, puis celui de nouvelle Lambèse, en 1848, et qui fut définitivement constitué, par décret du 20 juin 1849, sous son nom primitif de Batna.

 

IMG_0554 ( vidéo sur William Elbez pour la fête de ses 80 ans !)

 

Devenue un carrefour incontournable, la ville de Batna se développa rapidement et plusieurs familles vinrent y vivre. Des commerçants sont venus de partout pour y investir et y travailler, des soldats restèrent après leur service pour construire leur vie sur place. Des concessions leur étaient attribuées. Vers 1860, Batna compte environ 5 990 habitants. La population augmente considérablement grâce à l’arrivée massive des Européens et des tribus des Aurès qui vivaient dans les villages et petites villes des alentours. À la veille de la de guerre d’Algérie, Batna a près de 26 400 habitants.

 


La ville était cosmopolite, il y avait des personnes d’origines et de confessions extrêmement diverses : Chaouis, Kabyles, Mozabites, Soufis, Arabes (originaires de diverses régions d’Algérie et d’autres pays, notamment du Maroc et de Tunisie, etc.), Africain, Kouloughlis, et toutes sortes de métissages entre ces différentes origines ethniques.
Ils étaient musulmans pour la plupart, mais il y avait également, avant la guerre d’indépendance, des Juifs d’Algérie et de nombreux Chrétiens originaires de France (de Corse notamment), de Malte, d’Italie, de Sicile, d’Allemagne, et même de Russie.
À ce sujet, un proverbe contemporain dit : « Batna réussit à ses étrangers ». Plusieurs confédérations d’autochtones étaient concentrées dans le vieux Quartier du Camp de la ville et de la Zmela alors que beaucoup d’Européens habitaient le quartier du Stand où vivaient aussi des Musulmans algériens de classes plus ou moins aisées, ainsi que quelques familles de Juifs d’Algérie.
Les écoles, le théâtre, l’hôpital, les cinémas, les jardins, les routes, les installations sportives, les immeubles d’habitation et d’administration, la gare, etc., s’y sont développés et ont été bâtis pendant cette période et restent fonctionnels à ce jour.
Il y avait aussi un aéroport de l’armée à Batna qui devenait de plus en plus stratégique du point de vue économique et militaire. L’hôtel d’Orient et d’Angleterre sera construit pour accueillir les touristes avant la Première Guerre mondiale, vers 1885. Quelques célébrités mondiales y ont séjourné comme John Wayne et Mohamed Abdelwahab.

La population juive a été beaucoup plus perméable aux influences françaises que les musulmans. À partir de 1860-70, la jeunesse s’habille majoritairement à l’européenne, les prénoms aussi évoluent: les prénoms français remplacent les prénoms hébraïques ou arabes qui sont désormais portés en deuxième position. L’usage du français remplace celui de l’arabe comme langue courante chez les Juifs.
Cette assimilation au modèle français, bien que plus marquée qu’en Tunisie ou au Maroc, n’est cependant pas aussi poussée que celle s’opérant chez les Juifs de métropole. Ainsi, très peu de mariages mixtes sont contractés, et les Juifs restent un groupe distinct au sein de la population bénéficiant de la citoyenneté française en Algérie. De même, la pratique religieuse des Juifs algériens est restée globalement plus importante que celle des Juifs de l’hexagone de la même époque.

 

La décision d’abroger le décret Crémieux est prise le 7 octobre 1940 par Vichy. Le 30, les lois sur le statut des Juifs d’essence antisémite s’appliquent en métropole comme en Algérie.

Les Juifs d’Afrique du Nord ne subissent pas l’action génocidaire des nazis qui dévaste les communautés juives d’Europe mais ils sont cependant mis au ban de la société française d’Algérie pendant la durée des hostilités et certains d’entre eux sont internés dans des camps de travail dans le sud algérien.

Et José Aboulker, un des anciens leaders de la Résistance juive algérienne, de résumer ainsi le comportement des Algériens musulmans, à l’occasion d’une interview avec Jean Laloum, effectuée le 13 janvier 1986:  » Les Arabes n’ont pas pris parti dans la guerre.Ce n’était pas leur guerre. Avec les Juifs ils ont été parfaits. Non seulement ils ont refusé la propagande et les actes antijuifs auxquels les Allemands et Vichy les poussaient, mais ils n’ont pas cédé à la tentation des bénéfices. Alors que les Pieds-Noirs se disputaient les biens juifs, pas un Arabe n’en acheté. La consigne en fut donnée dans les mosquées: les Juifs sont dans le malheur, ils sont nos frères.  »
Le philosophe Jacques Derrida a témoigné de cette période difficile pour les Juifs et leurs enfants: « Les enfants juifs sont expulsés de l’école. Bureau du surveillant général: tu vas rentrer chez toi, tes parents t’expliqueront. Puis les alliés débarquent, c’est la période du gouvernement général (de Gaulle-Giraud) : les lois raciales maintenues près de six mois sous un gouvernement « libre ».

 

À la veille de la de guerre d’Algérie, Batna a près de 26 400 habitants. Durant la Guerre d’Algérie, il y a agression contre le rabbin de Batna en 1955, puis un an plus tard l’incendie criminel dans une synagogue à Oran . Des meurtre sont commis contre le rabbin Nedomah en 1956, le  rabbin de Médéa 1957 . Les membres de la famille Elbez quittent Batna en gagnant la ville d’Aix-en-Provence dont le jeune Rabbin-Aumonier Désiré Elbeze a participé à la Libération en 1944.

Projection d’une grenade dans une synagogue de Boghari, Bousaada. Saccage de la synagogue de la Kasba à Alger en 1961. Attentat dans les quartiers juifs en 1957, 1961 et 1962. : Oran, Constantine.

La mort de Cheikh Raymond Leyris (beau-père d’Enrico Macias), musicien de Maalouf et apprécié tant des juifs que des musulmans, assassiné par un algérien français le 22 juin 1961, constitua un tournant symbolique pour nombre de Juifs d’Algérie.

 

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Cheikh Raymond Leyris – malouf constantinois par lutherking

 

Adaptation par Joël Haï Guedj

 

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