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Batna dans les années 1950

 

L’existence d’une présence juive  dans le Constantinois durant la période romaine est prouvée par des pierres tombales. Si beaucoup considèrent que les Juifs du Maghreb de la période préislamique sont le plus souvent issus de tribus berbères qui furent converties au judaïsme.
La ville de Batna a vu le jour sur décret du 12 septembre 1848 signé par Napoléon III.  La population juive qui a représenté près du quart de la population totale, est beaucoup plus perméable aux influences françaises que les musulmans.

À partir de 1860-70, la jeunesse s’habille majoritairement à l’européenne, les prénoms aussi évoluent: les prénoms français remplacent les prénoms hébraïques ou arabes qui sont désormais portés en deuxième position. L’usage du français remplace celui de l’arabe comme langue courante chez les Juifs.
Cette assimilation au modèle français, bien que plus marquée qu’en Tunisie ou au Maroc, n’est cependant pas aussi poussée que celle s’opérant chez les Juifs de métropole. Ainsi, très peu de mariages mixtes sont contractés, et les Juifs restent un groupe distinct au sein de la population bénéficiant de la citoyenneté française en Algérie. De même, la pratique religieuse des Juifs algériens est restée globalement plus importante que celle des Juifs de l’hexagone de la même époque.

La décision d’abroger le décret Crémieux est prise le 7 octobre 1940 par Vichy. Le 30, les lois sur le statut des Juifs d’essence antisémite s’appliquent en métropole comme en Algérie.

Les Juifs d’Afrique du Nord ne subissent pas l’action génocidaire des nazis qui dévaste les communautés juives d’Europe mais ils sont cependant mis au ban de la société française d’Algérie pendant la durée des hostilités et certains d’entre eux sont internés dans des camps de travail dans le sud algérien.

Et José Aboulker, un des anciens leaders de la Résistance juive algérienne, de résumer ainsi le comportement des Algériens musulmans, à l’occasion d’une interview avec Jean Laloum, effectuée le 13 janvier 1986:  » Les Arabes n’ont pas pris parti dans la guerre.Ce n’était pas leur guerre. Avec les Juifs ils ont été parfaits. Non seulement ils ont refusé la propagande et les actes antijuifs auxquels les Allemands et Vichy les poussaient, mais ils n’ont pas cédé à la tentation des bénéfices. Alors que les Pieds-Noirs se disputaient les biens juifs, pas un Arabe n’en acheté. La consigne en fut donnée dans les mosquées: les Juifs sont dans le malheur, ils sont nos frères.  »
Le philosophe Jacques Derrida a témoigné de cette période difficile pour les Juifs et leurs enfants: « Les enfants juifs sont expulsés de l’école. Bureau du surveillant général: tu vas rentrer chez toi, tes parents t’expliqueront. Puis les alliés débarquent, c’est la période du gouvernement général (de Gaulle-Giraud) : les lois raciales maintenues près de six mois sous un gouvernement « libre ».

À la veille de la de guerre d’Algérie, Batna a près de 26 400 habitants. Durant la Guerre d’Algérie, il y a agression contre le rabbin de Batna en 1955, puis un an plus tard l’incendie criminel dans une synagogue à Oran . Des meurtre sont commis contre le rabbin Nedomah en 1956, le  rabbin de Médéa 1957 . Les membres de la famille Elbez quittent Batna en gagnant la ville d’Aix-en-Provence dont le jeune Rabbin-Aumonier Désiré Elbeze a participé à la Libération en 1944.

Joël GUEDJ

 

rav elbez

 

 

Cheikh Raymond Leyris – malouf constantinois par lutherking

 

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