You are here: Home » pensée juive » La Havdala: Ke zako ? Quand faut-il la réciter ? Par Caroline Rebouh – vidéo

La Havdala: Ke zako ? Quand faut-il la réciter ? Par Caroline Rebouh – vidéo

Dans les synagogues à la fin du Shabbat , on procède à un rite relativement bref destiné à « reconduire la Reine Shabbat » et qui est la HAVDALA ou séparation (« différence » littéralement).

On accueille le Shabbat en revêtant nos plus beaux vêtements, en ayant recouvert la table d’une jolie nappe blanche (ou d’un autre coloris) sur laquelle on a disposé les hallot (pains confectionnés à la maison ou achetés pour le shabbat) dans une corbeille à pain (ou autre contenant) recouverte d’un napperon et les hallot recouverte elles aussi d’un napperon richement décoré à cet usage[1].

Sur la table sera disposée également une coupe pour le kidoush,  en argent, en verre ou en porcelaine l’important étant qu’elle soit destinée à être remplie de vin ou de jus de raisin sur lequel le chef de famille récitera le texte du kidoush. Et, la maîtresse de maison allumera deux bougies/veilleuses sur lesquelles elle récitera la bénédiction pour cela.

A la fin du shabbat, une fois la nuit tombée il faut procéder à la havdala soit à la synagogue soit à la maison-même. Après avoir récité la prière du soir[2], l’officiant fera une berakha (bénédiction) sur le vin, sur des épices et sur une lumière.

HEURE à laquelle on fait la havdala : chaque semaine les heures d’entrée (allumage) de shabbat et de sortie du shabbat changent et pour certaines personnes il y a pour la sortie de shabbat l’heure selon RABBENOU TAM.  Devons-nous observer le « zeman Rabbénou Tam » ou tout simplement le temps indiqué généralement.

Qui était Rabbénou TAM ? Il vécut au XIIème siècle  (1100-1171) et était le petit-fils de Rashi de Troyes en Champagne.  De son vrai nom, il s’appelait Yaakov ben Méïr, il était très pointilleux et sa manière de calculer le temps était légèrement différente des autres décisionnaires en effet, d’après « les rishonim » ou premiers décisionnaires et les « gueonim »,  la sortie des premières étoiles se produit 13 minutes et demies après le coucher du soleil alors que d’après Rabbénou Tam, 72 minutes s’écoulent entre le coucher du soleil et la sortie des premières étoiles. En dehors de ceci, chaque jour ou presque l’heure du lever et du coucher du soleil sont différentes et le nombre d’heures qui existent entre ces deux points va servir  à déterminer le laps de temps réel d’une journée effective. Ce calcul est complexe et donc, en général on trouvera l’heure de Rabbénou Tam sur des parutions de Hassidim.

Rabbénou Tam a également écrit son avis sur l’ordre et la composition des tefiline ce qui fait que les personnes scrupuleuses peuvent être amenées à revêtir deux paires de tefiline : l’une ordinaire et l’autre selon Rabbénou Tam.

Pour ceux qui ont assisté à la havdala, certains gestes peuvent paraître surprenants : ainsi, en général,  avant de procéder à la première bénédiction sur le vin, on allume une bougie tressée ou deux bougies dont on rapprochera les deux flammes pour en faire une flamme plus importante et certains éteignent la lumière principale (d’autres non) et l’officiant, en récitant la bénédiction sur le vin regarde le reflet de son visage dans le vin (souvent en souriant pour s’assurer une semaine pleine de joies) éclairé par la bougie. Puis, l’officiant récitera la bénédiction sur les « bessamim » (myrte, menthe, basilic, roses ou autres fleurs odoriférantes, clous de girofle, cannelle etc.) et ensuite sur la bougie pour terminer sur la bénédiction de la différence faite entre le shabbat et les jours ordinaires de la semaine.

Cependant, selon les communautés et/ou selon les familles certains gestes accompagnent ces étapes en récitant (ou pas) certains versets adaptés. Nous allons ici expliquer ces gestes :

REGARDER SON PROPRE REFLET DANS LA COUPE  EN SOURIANT :

La Tradition  indique que le mot front ou metsah en hébreu (מצח) a la même valeur numérique que le mot hatslaha ou réussite (הצלחה) c’est donc un bon présage de réussite et de joie (sourire) que de se regarder dans la coupe de vin.

RESPIRER DES EPICES : (herbes, plantes, mais pas des parfums synthétiques)

Dès l’entrée du shabbat, l’âme reçoit en elle une âme supplémentaire pour la durée du shabbat. Cette âme supplémentaire s’envole et se sépare de nous au moment de la havdala et c’est pour nous renforcer que nous sentons des aromates capables de nous ôter le vague à l’âme que nous ressentons au moment de cette « déchirure ».

REGARDER LES ONGLES à la lueur de la bougie :

La Tradition – encore elle – nous enseigne qu’avant la faute originelle, le corps  humain était recouvert d’une sorte de carapace fine et brillante ressemblant aux ongles et l’être humain n’avait rien à cacher, tout était à découvert. Du moment où la faute a été commise, seules les phalanges des mains et des pieds ont conservé leurs ongles. C’est donc en souvenir de cet épisode et avec l’espoir de redevenir des êtres sans défaut que nous regardons le reflet de la bougie sur nos ongles.

APRES LA DERNIERE BENEDICTION sur la différence entre le shabbat et les 6 jours de la semaine et, avant d’éteindre la bougie, on verse un peu de vin dans la soucoupe au-dessous de la coupe. On éteint la bougie dans ce vin ou alors on éteint la flamme avec la main et alors, chacun prendra une goutte de vin pour la déposer sur la vertèbre cervicale qui est légèrement en relief pour qu’à la résurrection, le corps puisse renaître à partir de cet os. Certains ont l’habitude de déposer encore une gouttelette à l’endroit du cœur en murmurant le verset : ורוח נכון חדש בקרבי לב טהור ברא לי אלוקים(Psaumes LI, 12) Lev tahorbera li Elo-himverouahnakhonhadeshbekirbi : D a créé pour moi un cœur pur et fait renaître en moi un esprit sain. Certains touchent aussi leurs paupières avec un doigt humide de vin en murmurant : ומצא חן ושכל טוב בעיני אלקים ואדם (Proverbes III, 4) : oumetsa hen vesekheltovbe-eynéElo-himveadam.  Tu trouveras grâce aux yeux de D et des hommes

NOTE : si on n’a pas ni vin ni jus de raisin on peut faire la havdala sur une autre boisson alcoolisée : whisky, cognac, eau de vie, vodka etc…. et en modifiant la bénédiction en conséquence : « shéhakolnihyabidvaro » au lieu de « boréperihagafen »……….

LORSQU’UNE FETE TOMBE MOTSAE SHABBAT Il faut faire la havdala  comme suit : l’officiant ou chef de famille fait la bénédiction sur le vin, puis fait le kidoush se rapportant à la fête, puis, il fera la bénédiction sur la bougie de la havdala (méoréhaesh) procède à la bénédiction de la havdala (hamavdilbeynkodeshleKODESH) puis sur la période (shéhéhéyanou).

LORSQU’UNE FETE SE TERMINE ET SE POURSUIT PAR DES JOURS DE DEMI-FETE (hol hamoêd) comme pour Pessah ou Souccoth : on fera l’ajout de la havdala normale dans la âmida (ou tefila 18) puis, le chef de famille fera la havdala comme suit : on bénit sur le vin et sur une bougie puis la bénédiction de la havdala : hamavdilbeynkodeshlehol.

LORSQU’UNE FETE SE TERMINE : on fait comme précédemment indiqué une havdala avec vin et bougie. A moins que cela n’ait lieu un motsaé shabbat auquel cas on fait aussi la bénédiction sur les aromates.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] A la sortie d’Egypte, D fit tomber la manne chaque jour, mais, le vendredi, D faisait tomber deux parts de manne pour chacun et la manne était déposée entre deux couches de rosée comme s’il s’agissait d’un écrin.

[2]Dans laquelle on aura ajouté quelques lignes pour demander à l’Eternel de nous permettre de vivre une semaine le plus facilement possible, et de faire en sorte que nous ne succombions pas aux fautes qui nous guettent.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *