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Ki Tetsé: une paracha en guise de témoignage © vidéos

Depuis le début des selihoth c’est-à-dire du mois de Elloul, la présente sidra, Ki Tetsé, est la troisième qui comporte un nombre imposant de 74 mitsvot .

En effet, cette péricope est considérée comme un témoignage car elle contient 74 commandements et 74 est la guematriya du mot « témoin » עד tel que nous le voyons mis en évidence dans la profession de foi du SHEMA ISRAEL où les lettres ayin et daleth des mots shémâ et ehad sont mises en évidence.

Le texte commence une fois de plus  à la deuxième personne du singulier (KI TETSE) et le mot OYVEIKHA est au pluriel :

כִּי-תֵצֵאלַמִּלְחָמָה, עַל-אֹיְבֶיךָ; וּנְתָנוֹיְהוָהאֱלֹהֶיךָ, בְּיָדֶךָ–וְשָׁבִיתָשִׁבְיוֹ

Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers

Le texte ne nous entretient pas de la guerre comme nous serions en droit de l’attendre mais de la mitsva de prendre femme :

וְרָאִיתָ, בַּשִּׁבְיָה, אֵשֶׁת, יְפַת-תֹּאַר; וְחָשַׁקְתָּבָהּ, וְלָקַחְתָּלְךָלְאִשָּׁה. וַהֲבֵאתָהּ, אֶל-תּוֹךְבֵּיתֶךָ; וְגִלְּחָה, אֶת-רֹאשָׁהּ, וְעָשְׂתָה, אֶת-צִפָּרְנֶיהָ. וְהֵסִירָהאֶת-שִׂמְלַתשִׁבְיָהּמֵעָלֶיהָ, וְיָשְׁבָהבְּבֵיתֶךָ, וּבָכְתָהאֶת-אָבִיהָוְאֶת-אִמָּהּ, יֶרַחיָמִים; וְאַחַרכֵּןתָּבוֹאאֵלֶיהָ, וּבְעַלְתָּהּ, וְהָיְתָהלְךָ, לְאִשָּׁה

Si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu veuilles la prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse.

Etant donné que cette lecture est faite pendant le mois d’Eloul où il est souhaitable de « faire teshouva », les commentateurs voient en ces lignes des indices très clairs concernant nos penchants : en effet, si le texte s’adresse au particulier, c’est parce qu’en réalité, D S’adresse à l’individu qui doit se remettre en question et faire « la guerre » à ses ennemis c’est-à-dire à ses penchants  (oyveikha).   C’est la raison pour laquelle, lorsque le texte poursuit sur l’opportunité pour « le guerrier » (celui qui lutte contre son mauvais penchant) de rencontrer une jolie femme, (eshetyefattoar : une femme très belle), il s’agit une fois de plus de la lutte contre les mauvais instincts et l’allusion à la lutte 30 jours durant est celle des 30 jours du mois d’Eloul pour faire teshouva au terme desquels, l’individu pourra agir à nouveau normalement. Conformément aux commandements. Parmi toutes les mitsvoth contenues dans cette section, la majeure partie fait allusion au libre arbitre qui va servir à l’homme de moyen de se préserver.

Une autre mitsva : celle du parapet ( מעקה – maâké). Il incombe à tout homme qui construit une maison d’apposer sur le bord du toit une rambarde ou parapet de manière à éviter que quiconque grimpe sur le toit ne tombe et que le propriétaire soit involontairement coupable. Ici encore nous retrouvons des allusions : le toit est le faîte de la maison ainsi que le cerveau (מוחmoah) se trouve au sommet de l’homme faire un parapet revient symboliquement, à  imposer à notre cerveau/esprit des limites. Le mot מעקה décomposé en sigle signifiera désormais :  מעורר עבירה קשה מעבירה   que ce qui vient prévenir une infraction est  plus dur que l’infraction elle-même.

En revenant au premier verset de la parasha,  nous voyons que l’assurance de l’aide que D apporte à Ses créatures stipulée dans la Guemara  (אפתח לכם פתח של מחט) ou dans la tefila où D nous apporte trois sortes d’aide et de secours : מלך עוזר ומושיע ומגן  à propos de ces mots, le Gaon de Vilna enseigne : מלך עוזר il est écrit dans la Guemara que si le mauvais penchant essaye par tous les moyens de vaincre l’homme, il suffit qu’il fournisse un tout petit effort pour que l’Eternel vienne et te fournisse toute l’aide nécessaire. Lorsqu’il est écrit מושיע  cela signifie qu’il s’agit d’un secours inopiné qui vient sauver la créature même dans un moment peu prévisible.

L’aide (עזרה) ne peut être véritable que lorsque le mouvement est initié des deux parties car sinon, cela n’est pas une aide. C’est pour cela que si l’individu commence  son retour vers le sentier éclairé par la Torah, D  lui viendra en aide pour compléter ses efforts et ses actes.

En ce mois d’Eloul, il est bon de lire matin et après-midi le psaume 27, pratiquez la tsedaka, prenez de bonnes et nouvelles résolutions, pardonnez à votre prochain, observez le shabbat, prenez sur vous de lire trois psaumes par jour de manière à  ce que jusqu’à la fin de Yom Kippour soit terminé le livre des Psaumes.

Au mois d’Eloul et de Tishri, si vous ne savez pas l’hébreu, si vous ne savez pas prier, sachez que D est ici, tout proche, et parlez lui, IL est là, IL écoute les prières de chacun d’entre nous et dans toutes les langues.  IL ATTEND VOS PRIERES RECITEES AVEC AMOUR ET SORTANT DE VOTRE CŒUR.

Caroline Elishéva REBOUH

 

« Tu agiras de même à l’égard de toute chose perdue par ton frère et que tu aurais trouvée; tu n’as pas le droit de te dérober. » (Deutéronome, 22, 3) Ki Tetsé

” II se peut que l’animal de ton frère s’égare ; si tu le retrouves tu n’as pas le droit de te dérober à ton devoir : tu as l’obligation de le ramener à ton frère. Et si jamais tu ne connais pas ton frère, ramène l’animal chez toi et garde-le jusqu’à ce qu’il soit réclamé. ” Ki Tetsé

C’est en ces termes que Moïse résume, en utilisant un cas pratique courant, notre devoir de respecter et de préserver la propriété d’autrui.

Remarquons qu’il ne se borne pas à énoncer notre devoir en l’occurrence. II ajoute une précision :  » tu n’as pas le droit de te dérober  » et il le fait même à deux reprises en l’espace de quelques versets.

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La paracha de la semaine: Ki-Tetsé par infolivetv

Pourquoi ce conseil ?

C’est que le fond d’égoïsme que nous possédons tous en nous, nous incite bien souvent à  » nous dérober « , à nous détourner, à faire semblant de ne pas voir, de ne pas savoir, afin de ne pas nous sentir obligé d’intervenir et de fournir un effort. C’est tellement plus agréable de ne rien faire, n’est-ce pas ? Surtout si, en faisant comme si on n’avait rien vu, on peut, de plus, se donner bonne conscience.

C’est pourquoi, notre maître Moise, qui connaît à fond la nature de l’homme, demande à son peuple, de ne pas jouer ce rôle hypocrite, de ne pas faire semblant, de ne jamais se détourner; mais au contraire de toujours voir et agir.

Agir signifie ici ; prendre soin du bien d’autrui, empêcher qu’il ne s’abîme ou se gâte. Agir signifie, de plus: faire tout pour protéger, respecter la propriété d’autrui scrupuleusement, que ce soit le bien d’un individu ou celui d’une collectivité.

Et si déjà nous n’avons pas le droit de nous dérober à notre devoir quand il s’agit seulement de protéger les biens matériels de notre prochain, combien plus ne pouvons-nous nous abstenir quand est en jeu la personne même de notre prochain, quand en particulier sa vie peut être en danger.

Mais il y a plus encore: s’il nous faut rendre à notre prochain, intact et préservé, un animal qu’il a perdu, sans avoir le droit de nous dérober, combien plus avons-nous l’obligation de lui faire retrouver, avec douceur et avec cœur, la foi qu’il peut avoir perdue.

Là, non plus, nous n’avons pas le droit de nous abstenir et de faire semblant de ne pas voir ni savoir.
Bref, face à notre prochain, il nous faut lutter contre le crime d’indifférence et être prêt à le servir, en toute occasion, sans jamais nous dérober.

Ce cours est dédié à la Mémoire d’Abraham Ben Meyer Lugassy Z’l

source

Ki Tetsé: Souviens-toi d’Amalek

La paracha Ki Tetsé se termine par l’injonction de se souvenir d’Amalek. J’ai choisi de vous livrer ma réflexion sur la Shoah qui contient les événements impensables de  la plus brutale extermination des juifs de tous les temps au cours de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Il faut rappeler inlassablement l’ampleur de la tragédie: au moins six millions de juifs ont péri-soit plus de la moitié de la population juive en Europe-, le quart étant formé d’enfants.

The conical ceiling of the Hall of Names is pictured during a visit by U.S. President Barack Obama (not pictured) at the Yad Vashem Holocaust Memorial in Jerusalem, March 22, 2013. REUTERS/Jason Reed (JERUSALEM - Tags: POLITICS)

The conical ceiling of the Hall of Names is pictured during a visit by U.S. President Barack Obama (not pictured) at the Yad Vashem Holocaust Memorial in Jerusalem

La communauté juive hongroise est détruite en moins 6 mois, de mars à juillet 1944. Au moins 3 millions de juifs polonais sont exterminés, ce qui met fin à l’une des plus belles pages de l’histoire des juifs en Europe.

La technique de l’extermination des civils juifs, d’abord expérimentée dans le cadre de la politique de l’euthanasie contre les handicapés mentaux, nous laisse toujours sans voix: comment des états européens, nations phares de la culture occidentale, ont-ils pu organiser de façon industrielle la liquidation physique de millions d’êtres humains ?

Les victimes ne servent pas seulement de main-d’œuvre esclave du troisième Reich, dont les hommes de tous âges sont appelés à combattre, mais sont gazées dans leur immense majorité.

Six camps nazis, situés en Pologne,  ont servi à l’extermination par les gazages ; Auschwitz, Treblinka, Belzec, Sobibor, Maidanek, Chelmno. Dans le seul camp d’Auschwitz un million et demi de déportés juifs a péri.

Rien n’arrête cette politique d’extermination, pas même la perspective de la défaite. Jusqu’au dernier moment, des convois de déportation partent pour les centres de mise à mort : jusqu’à la fin du conflit, l’administration continue sa tâche..

Comment expliquer le silence général des nations, des institutions internationales, de l’autorité pontificale devant une telle monstruosité, sans interventions pour l’arrêter ou tout au moins pour la freiner ?

Pourquoi les préoccupations stratégiques, les impératifs de prudence des puissances alliées l’ont-ils emporté sur les impératifs humanitaires ?

Et paradoxalement, pendant cette nuit noire qui a recouvert toute l’Europe, des lueurs ont éclairé le ciel en suscitant de nombreux espoirs.

La lutte pour la survie biologique, le combat moral face à l’entreprise de déshumanisation, les forces de résistance sont autant de leçons que nous devons méditer.

Si les exécuteurs de la Shoah ont projeté sur leurs victimes leur bestialité, dont ils ont laissé leur empreinte sur les bras des rescapés, ils n’ont pas réussi à briser en eux toute espérance.

Une forte lumière éclaire cette époque. Elle est diffusée par tous les hommes et les femmes qui ont risqué leur vie pour sauver d’autres êtres humains. Ainsi l’Allée des Justes à Yad Vashem porte en elle tous les espoirs de notre humanité.

 

Justes parmi les nations de 46 pays qui ont été honorés. En tout, les Justes ont sauvé des centaines de milliers de personnes.

Le 18 janvier 2007 à la cérémonie dédiée aux Justes de France au Panthéon, Madame Simone Veil  a exprimé un vibrant hommage  :

« Les Justes de France pensaient avoir simplement traversé l’histoire. En réalité, ils l’ont écrite. De toutes les voix de la guerre, leurs voix étaient celles que l’on entendait le moins, à peine un murmure, qu’il fallait souvent solliciter. Il était temps que nous les entendions. Il était temps que nous leur exprimions notre reconnaissance.

Pour nous qui demeurons hantés par le souvenir de nos proches, disparus en fumée, demeurés sans sépulture, pour tous ceux qui veulent un monde meilleur, plus juste et plus fraternel, débarrassé du poison de l’antisémitisme, du racisme et de la haine, ces murs résonneront désormais et à jamais de l’écho de vos voix, vous les Justes de France qui nous donnez des raisons d’espérer. »

Adaptation par J.G

 

HAFTARAT KI TETSE

Cette haftara se trouve être la cinquième des haftaroth de consolation avant Rosh Hashana. Conformément  aux semaines précédentes où nous avons  donné un aperçu des biographies de ShaoulHamelekh, de David Hamelekh, nous aborderons aujourd’hui l’histoire du roi le plus réputé par sa sagesse.

 

DAVID avait donc épousé de nombreuses femmes et il possédait également de nombreuses concubines ce qui a fait dire à un savant talmudiste qu’il était le père de 400 enfants ! L’aîné de ses fils fut Amnon.

Le trône aurait dû revenir à l’aîné des garçons du roi mais, à cause du viol perpétré par Amnon sur la personne de sa sœur Tamar [1],   raison suffisante pour qu’Avshalom,  demi-frère d’Amnon,  tua celui-ci pour venger l’honneur de sa sœur. Abshalom, pour sa part, se constitue en ennemi de son père David et souhaite le tuer tant et si bien qu’il se fait assassiner par Joab. Adonyahou fils de Haguit pense que le trône lui revient de droit et se fait proclamer roi par Evyatar le cohen et par Yoav.  Les bruits de cette « intronisation » parviennent aux oreilles du souverain mourant  et, Salomon est oint par le cohen Tsadok, le prophète Nathan et un officier de la garde de David du nom de Bénayahou.

Vers la fin de sa vie, le vieux roi n’arrivait plus à se réchauffer et l’on fit venir auprès de lui une jeune-fille très belle et experte en remèdes naturels.  Elle fut sa dernière épouse mais n’eut pas commerce avec elle. Etant très belle, Adonyahou pensa qu’il allait pouvoir l’épouser après la mort de son père David. Puis, il supplia Salomon de lui pardonner sa forfanterie mais le nouveau roi donna des ordres pour qu’il fût tué. David, âgé de 70 ans, avait régné 40 ans durant.

Le vœu le plus cher de David était de construire une « demeure » pour le Saint béni soit-IL, mais, parce qu’il fut un grand guerrier et qu’il versa beaucoup de sang,  cette tâche incomba à Salomon. Celui-ci ne demanda à D  que de lui octroyer la sagesse et le discernement pour pouvoir diriger son peuple et mener à bien son rôle. Le Saint béni soit-IL  lui fit don de toutes sortes de sciences, entre autres, le don de comprendre le langage de tous les animaux et de comprendre toutes les langues étrangères et IL lui donna la richesse.

Il entreprit de construire le Temple à Jérusalem. Cette construction dura sept années. Le roi fit venir des bois de cèdre précieux du Liban et il envoya sa flotte vers l’Extrême-Orient pour en faire venir des animaux rares, des denrées et des matériaux précieux.

Salomon, suscita l’admiration de tous et sa renommée traversa les frontières.  Le roi hérita sans doute de son père un goût prononcé pour la gent féminine.  Pour de soi-disant raisons diplomatiques, il épousa tout d’abord la fille du roi d’Egypte. Puis, il épousa bien d’autres femmes toutes idolâtres et leur permit d’ériger des sanctuaires abritant des idoles de toutes sortes.

La Reine de Saba, intriguée par ce souverain que tous flattaient se dirigea vers la Judée et séjourna à Jérusalem dans le palais du Roi Salomon dont la splendeur était contée dans toutes les contrées.  Pris au piège par la beauté surprenante de la Reine d’Ethiopie, Salomon épousa cette souveraine provoquant la jalousie de ses autres épouses. Cependant, la reine Makeda tomba enceinte et mit au monde un fils du nom de Ménélik.

Nous ne nous étendrons pas trop sur ce récit pour l’heure. Makeda embrassa la foi d’Abraham, Isaac et Jacob et retourna dans son pays d’origine avec des hommes susceptibles d’enseigner la foi d’Israël à Ménélik pour la propager en Ethiopie.

Salomon avait épousé 700 femmes et avait également 300 concubines. Il sut garder la paix au sein de son royaume mais il leva, vers la fin de son règne de trop lourds impôts pour ce peuple qui avait su participer de grand cœur aux frais de construction du Temple mais qui se trouvait beaucoup trop pressuré par des charges financières trop lourdes pour lui.

Cependant, Salomon, trop faible de caractère pour résister et sévir contre l’idolâtrie se répandant beaucoup trop en Judée, céda à ses multiples épouses et concubines et, alluma de l’encens sur des autels « étrangers ».  Donnant à penser qu’il ne s’opposait pas à ces cultes. Ceci provoqua la colère divine contre Salomon.

D promit à Salomon de ne pas effriter son royaume tant qu’il serait en vie mais que la royauté serait arrachée des mains de Roboam son fils.

Roboam sera à l’origine du schisme qui va donner naissance aux deux royaumes d’Israël et de Juda.

Salomon a laissé des œuvres littéraires ou poétiques contenues dans les Hagiographes : Mishlé ou Proverbes de Salomon, Shir HaShirim ou Cantique des Cantiques, Kohelet ou l’Ecclésiaste, Une partie des poésies qu’il écrivit fut inclue dans les Psaumes de David.

Ce cours est dédié à la Mémoire d’Abraham Ben Meyer Lugassy Z’l

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Fille de Maaca. Elle n’était que la demi-sœur d’Amnon ( par le père)  et elle était sœur de père et de mère d’Abshalom.

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