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Korah: quel est le sens de la querelle entre Korah et Moché ? Par Manitou – vidéo

Je vous rappelle brièvement le sujet : le texte de la Parashah commence par le récit de la querelle entre Kora’h et Moïse et Aharon, et la Torah nous raconte que l’objet de cette querelle portait sur les prérogatives de la prêtrise et de la royauté qui dans la génération du désert ont été respectivement attribuées à Aharon et à Moïse.

 

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                                           Rav Léon Yehuda Askhenazi Zatsal ( 1922-1996)

Mais la Torah commence dans son récit par mettre en évidence qu’énormément de personnages importants de cette génération se sont groupés autour de Kora’h pour cette querelle (Chapitre 16).

Il faut mettre en évidence que, étant donné l’importance de la personnalité de Moïse et Aharon, surtout d’après les événements que les récits précédents, il est étonnant qu’une telle contestation puisse naître ! C’est la familiarité avec tous ces récits qui les font passer pour des évidences.

Ces mouvements de révoltes, de querelles, semblent impensables. La Ma’hloquet est une des plaies de l’histoire d’Israël depuis toujours et jusqu’à notre temps. Le problème doit être envisagé pour lui-même : il y a une essence, une réalité de la Ma’hloqet qui s’attache à l’histoire de notre monde et le fait que ce soit en Israël que cela se dévoile de façon tellement intense et focalisée est aussi à comprendre. Nous aurons donc à élargir cette analyse.

Il y a 2 invraisemblances dans l’histoire d’Israël : d’abord ce que la Torah nous raconte que la génération privilégiée de la sortie d’Egypte a été une telle génération apparemment de révolte. Cette génération a été exceptionnelle, celle de la révélation, et pourtant apparemment la plus  problématique.

 

1- L’expression habituelle est « Am qashe oref » « le peuple à la nuque raide » expression qui ne désigne pas le peuple d’Israël a priori. A étudier dans Parashat Ki-Tissa dans l’ordre du récit : cette expression « Am qshe oref » « peuple à la nuque dure » qui désigne non pas Israël mais le Erev Rav sorti d’Egypte en même temps qu’Israël. Une foule de peuples des différentes nations qui étaient asservis à l’esclavage d’Egypte en même temps que les Hébreux.

A chaque empire il y a asservissement de toutes les nations qui ne sont pas nation dominante. Prenons l’exemple de la sortie de l’empire soviétique, parallèle à étudier pour lui-même. A chaque empire on voit que Israël est centralement concerné par cet asservissement avec d’autres peuples.

C’est un phénomène qui de notre temps est un peu moins visible mais qui n’en est pas moins réel : en même temps que la libération d’Israël de cet asservissement sont délivrés d’autres pays par l’empire en question. Est sortie d’Egypte toute une foule que la Torah appelle « Erev Rav » un « grand mélange ».

Cf. le commentaire de Rashi sur la 1ère phrase de ce chapitre 12 de Shemot sur le mot de « Erev Rav » : il dit taarlovet un grand mélange de convertis de Guérim que Moïse a converti mais avec précipitation. C’est-à-dire sans la formation nécessaire que la Halakhah réclame pour que leur conversion soit en ordre.

On a étudié les motivations pour lesquelles Moïse devait intégrer ce Erev Rav à Israël. Un aspect très positif se trouve dans le commentaire du Kli Yakar : la même expression qui désigne les tribus d’Israël et le Erev Rav dans deux contextes différents du même chapitre c’est « Tsivot Hashem » qu’on traduit « les armées de Dieu » ou les « cohortes célestes ». Mais la notion de Tsavah signifie tout ce qui est organisé.

Le 1er modèle de l’organisation dans les sociétés humaines a été l’armée. Les éthnologues utilisent cela de manière très claire et précise : les peuples s’organisent d’abord sous forme militaire parce que la première exigence est celle de la défense vis-à-vis des autres peuples.

Les premières hiérarchies ont été pensées comme hiérarchies militaires. Le roi est d’abord le chef des armées. Melekh dont le sens éthymologique est le Méalekh celui qui fait marcher les autres, pas dans le sens négatif mais, dans le sens de celui qui marche en avant. Cf. le terme italien de « Dulce » le conducteur, le guide.

Les différents  membres du groupe délèguent une partie de leur autonomité à celui qui assure la defense du groupe.

Je vous montre à quel point il y a une cohérence dans la langue hébraïque qu’on ne peut lire dans les autres langues sinon à travers des explications.

Un cerf c’est Tsvi, c’est la même racine, et la biche Tsviah.

Cela définit tout ce qui est équilibré du point de vue de l’esthétique. Le symbole de l’animal beau en hébreu c’est le cerf …

Ce terme de Qshe Oref son sens profond signifie « rebelle au repentir », il y a une raison pour laquelle c’est formulé ainsi « qashe oref nuque dure ».

On apprend que la différence entre le Erev rav et les tribus d’Israël c’est que ces dernières avaient reçues l’éducation provenant des patriarches, le Derekh Erets des Avot, que le Erev Rav n’avait pas eu. Ils se sont branchés sur la Torah avec un très grand handicap : il leur maquait l’identité hébraïque. Lorsqu’il manque ce préalable du Derekh Erets qui précède la Torah, alors la Torah est perçue et intégrée de manière païenne. La société moderne d’Israël est envahie par ces tendances de la conscience  magique.

 

Ce n’est qu’après que le Erev Rav a été intégré à Israël  sur intervention de Moïse et Dieu a accepté la prière de Moïse de suspendre la sanction de la faute du veau d’or, que cette Midah, cette tendance à être Qsheh Oref s’est introduite en Israël. Après Dieu s’adresse à Moïse en disant j’ai pardonné à Israël console-le parce que maintenant, il est devenu Am Qshe Oref puisque cette Midah s’est introduite dans le peuple. On l’étudie à propos de la Teshouvah : pourquoi il est indispensable d’avoir cette catégorie de la Teshouvah pour pouvoir recevoir la Torah. Si on ne possède pas cette capacité de la Teshouvah, le repentir réel, on ne peut pas recevoir la Torah.

 

En une phrase, en me référant à ce Midrash qui dit que Dieu a proposé la Torah à tous les peuples du monde qui ont tous refusé la Torah. Non par refus des valeurs morales que la Torah demande mais ce qu’elles ont refusé de confier leur salut à la loi parce que si on ne dispose pas de la clause du repentir à la première faute on est « damné » comme disent les Chrétiens.

 

Cela ne veut pas dire que les hommes de la civilisation humaine contemporaine à travers les siècles depuis la diffusion de l’enseignement de la bible, ne connaissent pas la catégorie du repentir, mais elle ne porte pas sur l’essentiel c’est-à-dire la relation de la conscience humaine avec l’impératif de la loi. Cela porte sur autre chose, sur le remord, le regret, mais pas sur la faute…

 

Un homme qui ne dispose pas de la certitude que le repentir est psossible ne peut pas recevoir la Torah. D’ailleurs le chritianisme comme tel est la preuve et témoigne de ce que je vous explique là. C’est la raison pour laquelle la conscience chrétienne refuse avec horreur blasphématoire l’idée que le salut passe par la Torah parce que selon cette conscience la Torah induit la Loi, la Loi induit le péché, le péché induit la mort et on est perdu… D’où la nécéssité d’être sauvé par une stratégie d’ordre magique d’ailleurs. C’est donc une calomnie de dire qu’Israël st un peuple à la nuque raide.

 

2- D’autre part, la 2ème expression qualifiant cette génération est celle de « Dor Déa » « la génération de la connaissance » car cette génération a été appelée à la révélation. L’expression française de « génération du désert » est extrêmement péjorative et n’est pas adaptée du tout avec la réalité du récit.

Enseignement de Judah Halévi : il faut évaluer les fautes de chacun au niveau où il se trouve.

Il n’y a que la génération du désert qui a été capable de ce comportement parce qu’il est au niveau de leur valeur exceptionnelle qu’il faut les juger et non pas au niveau de notre comportement quotidien. C’est une génération de géants.

L’epression française de « génération du désert » comporte ce sens de « génération perdue », ce qui est inadaptée au récit de la bible.

Il faut atténuer cette invraisemblance : il faut relativiser et juger la valeur de ces hommes au niveau où ils sont. La 2ème invraisemblance : c’est ce que nous vivons dans notre propre histoire contemporaine. Tous les sociologues et politologues contemporains restent perplexes devant le comportement des Juifs et la société israélienne.

 

Il faut relier ces deux remarques : l’invraisemblance du récit s’atténue lorsqu’effectivement on se rend compte que c’est commme cela dans la réalité contemporaine. Et inversément, l’invraisemblance de la réalité quotidienne doit être éclairée avec le récit biblique qui nous raconte les mêmes choses invraisemblables…

 

Ce sont des problèmes qui lorsqu’ils apparraissent dans la société juive sont invraisemblables, et donc il faut comprendre pourquoi il y a ces dimensions d’invraisemblances.

 

On va se rendre compte qu’un homme très proche du milieu familiale de Moïse va introduire une Ma’hloqet, une contestation de rivalité, vis-à-vis de Moïse.

 

Pourquoi la Ma’hloqet tient-elle une telle importante dans l’histoire de l’humanité d’après le récit biblique ? Et cela se focalise se cristallise et s’hypertrophie dans l’histoire d’Israël ? Se demander le point de départ de la première querelle Ma’hloqet par laquelle l’histoire de l’humanité a commencé?

 

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי  

Vayikar Qora’h ben Izhar Ben Qehat ben Lévi…

Et pris Qora’h fils de… fils de Lévi

 

Rashi :

il s’est pris lui-même, s’est mis à part (car pas de complément d’objet direct ! Qu’a-t’il pris ?)

Il a pris parti.

וַיִּקַּח קֹרַח

פָּרָשָׁה זוֹ יָפֶה נִדְרֶשֶׁת בְּמִדְרַשׁ רַבִּי תַּנְחוּמָא

  וַיִּקַּח קֹרַח

לָקַח אֶת עַצְמוֹ לְצַד אֶחָד לִהְיוֹת נֶחֱלָק מִתּוֹךְ הָעֵדָה לְעוֹרֵר עַל הַכְּהֻנָּה, וְזֶהוּ שֶׁתִּרְגֵּם אוֹנְקְלוּס « וְאִתְפְּלֵג  « , נֶחֱלַק מִשְּׁאָר הָעֵדָה לְהַחֲזִיק בְּמַחֲלֹקֶת. וְכֵן (איוב טו  ): « מַה-יִּקָּחֲךָ לִבֶּךָ » לוֹקֵחַ אוֹתְךָ לְהַפְלִיגְךָ מִשְּׁאָר בְּנֵי-אָדָם  . דָּבָר אַחֵר: « וַיִּקַּח קֹרַח » מָשַׁךְ רָאשֵׁי סַנְהֶדְרָאוֹת שֶׁבָּהֶם בִּדְבָרִים, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (במדבר כ): « קַח אֶת-אַהֲרֹן ». (הושע יד): « קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים  « .

Et prit Qora‘h : Le Midrach de Rabi Tan‘houma développe une fort belle explication de ce chapitre.

Et prit Qora‘h : Il « se prit » lui-même pour passer de l’autre côté, pour se séparer de la communauté et se rebiffer contre la prêtrise. C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos : « il se sépara » de la communauté pour chercher querelle. Et ainsi : « Comment ton cœur t’emporte-t-il (yiqa‘h‘ha) » (Iyov 15, 12) – il t’emporte pour te séparer des autres hommes. Autre explication : « Prit Qora‘h » signifie qu’il a « pris » par des paroles les chefs des tribunaux qui étaient en leur sein, de même qu’il est écrit : « “Prends” Aharon » (infra 20, 25) ou bien : « “Prenez” avec vous des paroles, et revenez à Hachem » (Hoché‘a 14, 3) (Midrach Tan‘houma).

 

 

וְדָתָן וַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב, וְאוֹן בֶּן-פֶּלֶת–בְּנֵי רְאוּבֵן

veDatan va’Aviram beney Eli’av ve’On ben-Pelet beney Reouven.

Et Datan et Aviram fils de Eliav et On fils de Pelet fils de Reouven

 

On voit qu’il y a une alliance dans une querelle qui va être induite par un des pricnpaux chefs de la tribu de Lévi, Qora’h, qui est allié avec certain des principaux chefs de la tribu de Réouven.

 

Est en question la rivalité au sujet de la prêtrise d’Aharon – c’est là la querelle des Lévites et de Qora’h – et la royauté de Moïse – c’est là la querelle des Réouvenites.

 

Etant donné que la tribu de Réouven est la tribu du fils ainé, on comprend leur revendication que la royauté leur revienne. Etant donné que toute la tribu de Lévi a été consacrée à la sainteté, on comprend que ce sont les Lévites qui se font les portes-parole de la contestation sur Aharon.

 

Dés qu’on découvre le problème, on se rend compte à quel point la position de Moïse et Aharon est difficile. Parce que c’est un fait que Moïse et Aharon sont frères et on peut légitimement se demander s’il ne s’agit pas là d’un cas de népotisme (le chef attribuant des fonctions à sa propre famille). Il n’y a pas de doute que la position de Moïse et Aharon sont difficiles. Moïse s’instaure chef politique et nomme Aharon comme grand-prêtre !!!

 

L’objection c’est effectivement de dire que c’est Dieu qui a demandé cela !

Il est donc très difficile d’arriver à comprendre la motivation profonde de la querelle de Qora’h ! Qora’h sait très bien qu’il s’agit de la révélation de Dieu à Moïse, et donc la querelle met en question le fait que ce soit Dieu qui se soit révélé à Moïse pour dire qu’il faut installer cette hiérarchie de cette manière.

 

Derrière toute la querelle nous verrons les démagogies de cette argumentation : il y a un problème de fond. Qora’h nie la révélation à Moïse et la Torah nous raconte cela tranquillement.

 

16 :2

וַיָּקֻמוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה, וַאֲנָשִׁים מִבְּנֵי-יִשְׂרָאֵל חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם, נְשִׂיאֵי עֵדָה קְרִאֵי מוֹעֵד, אַנְשֵׁי-שֵׁם

Vayakoumou lifney Moshe

va’anashim mibeney-Yisra’el

‘hamishim oumatayim nessiey edah

kriey moed

anshey-shem.

Ils se dressèrent face à Moïse

Et des personnalités des enfants d’Israël

250 princes de l’assemblée

appellés aux ocnvoicaitons saintes

des gens de renoms

 

Ce n’est pas n’importe qui. C’est sérieux cette querelle.

 

16:3

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם–כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

Vayikahalou al-Moshe ve’al-Aharon

vayomerou alehem rav-lachem

ki khol-ha’edah koulam kedoshim

ouvetokham Adonay

oumadoua titnasseou al-qehal Adonay.

Ils se groupèrent contre Moïse et Aharon

Ils leur dirent « trop pour vous » le sens littéral serait « vous exagérez !

Car toute l’assemblée est sainte

Et en eux se trouve Hashem

et pourquoi vous mettez vous au-dessus de l’assemblée de Hashem ?

 

Je vais déja un peu utiliser ce verset pour mettre en évidence le caractère aigü et difficile mais aussi démagogique de la controverse. Parce que tout ce qu’ils disent est formellement vrai. Les querelles les plus insidieuses se servent d’arguments formellement vrais mais qui sont faux dans les circonstances où on les utilise. C’est la définition de la démagogie. Effectivement, c’est Moïse lui-même qui avait révélé que Dieu considère que toute l’assemblée est sainte, et que c’est en eux dans cet assemblée que se trouve Hashem. Le fait d’installer une hiérarchie semble formellement démagogiquement contredire le message de la Torah elle-même.

 

Parashat Troumah :

veassouli miqdash veshakhanti betokham

Et il me feront un sanctuaire et je résiderai parmi eux.

 

Nous sommes en plein dans la définition du centre, du noeud même de cette querelle : il faut comprendre pourquoi Qora’h a raison de dire ce qu’il dit, mais qu’il a tord d’avoir raison dans les circonstances en question.

 

Je vais vous donner de suite la réponse pour ensuite commencer à étudier le verset suivant.

 

Effectivement, le 1er projet pour la société d’Israël, à la sortie d’Egypte était un projet étymologiquement anachique – sans hérarchie. Sinon une hiérarchie reconnue par consentement de civilité, de convivialité. Les grands savent qu’entre eux existent des différences. Mais ils sont tous grands et il faut énormèment de politesse pour que chacun soit à sa place.

Mais on ne peut pas installer formellement, légalement, une hiérarchie pour les grands qui sont tous grands. C’est entre eux qui savent qui est un peu plus, un peu moins ; et ce ne sont pas les mots adéquats parce qu’il n’y a pas de jugement de valeurs. C’est pourquoi dans tous les sytème de politesse – la plus élaborée est je crois la politesse chinoise – tous les peuples ont leur propre politesse – civilité – et on sait qu’untel est plus respectable dans l’ordre de la hiérarchie. Pourquoi ? c’est très difficile à admettre légalement mais cela se sait par politesse naturelle. On peut donner des critères : l’âge, la filiation, la sagesse, l’expérience…

 

Au moment de la sortie d’Egypte le verset qui assigne la fonction de la société d’Israël :

Shemot 19 :6 :

וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ: אֵלֶּה, הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר תְּדַבֵּר, אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Ve’atem tiheyou-li mamlekhet kohanim vegoy kadosh

eleh hadevarim asher tedaber el-beney Yisra’el.

Et quant à vous vous serez pour moi un royaume de prêtres (tous rois et tous prêtres)  et un nation sainte…

 

Et voilà que Moïse leur installe des rois pour les rois et des prêtres pour les prêtres ?

Ce projet-là sera différé à la fin des temps !

Et je repète souvent  à chaque fois que j’en parle : il est désagréable d’entendre cet espèce d’orgueil mal placé de ceux qui définissent le peule juif comme un peuple de prêtres comme un peuple de rois, alors que nous ne sommes pas encore à la fin des temps. C’est le projet pour l’identité idéale d’Israël mais reste à savoir si nous fonctionnons comme ça ? jusqu’au moment où…

Le problème se pose surtout en diaspora : on en arrive que les rabbins juifs de diasporas demandent aux israéliens comment leur justifier leur fonction de juifs de diaspora. Vous voyez le paradoxe !

J’ai reçu des générations de Olim venus de France : ils demandaient qu’on leur explique pourquoi ils sont venus… Pourquoi au bout de 2000 ans, ils sont revenus-là ?

 

C’est ce cliché que les Juifs sont dispersés chez les nations pour leur enseigner quoi ?

On fonctionnerait comme peuple de prêtres chez les nations ? Les rabbins en galout ne s’occupent que des Juifs et non des Goyim ! Je suis admiratif de la patience des Goyim.  Dieu, répartissant les valeurs, a donné la science à Israël et la patience aux Goyim…

 

Retour au sujet :

1er Midrash qui nous met sur le point de départ de notre étude.

Qora’h a eu un rêve dont je vous passe les détails et dans lequel il a vu qu’un de ses descendants serait aussi important que Moïse et Aharon à la fois. Shmouel, le prophète Samuel, est comparé par un Psaume (Ps.99 lu le vendredi soir):

Tehilim 99.6 : מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן, בְּכֹהֲנָיו,    וּשְׁמוּאֵל, בְּקֹרְאֵי שְׁמוֹ

« Mosheh veAharon bekohanav ouShmouel Beqoré Shémo »

Moïse et Aaron parmi ses prêtres, et Shmouel criaient son nom

Le prophète Samuel est mis en parallèle à Moïse et Aharon ensemble. Effectivement, le prophète Samuel a joué les deux rôles de chef politique et de chef religieux de son temps. En son temps, Samuel avait eu raison de s’opposer à la hiérarchie sacerdotale de son temps.

Donc il y a des occurences où le profil Qora’h est dans son droit lorsqu’il s’agit par exemple de Samuel. Samuel est un membre de la tribu de Lévi qui en son temps s’est opposé à la hiérarchie traditionnelle de la société Israël tant le pouvoir civil que religieux. C’est lui qui a instauré qu’il fallait enlever les prérogatives des prêtres que les circonstances leur avaient imposé. Ils s’étaient instaurés seuls dirigeants du culte, alors que tout membre d’Israël a droit à un certain nombre de comportements concernant le culte. Par exemple : sh’hetah be-zar ksheirah

 

La Torah a demandé que lorsque quelqu’un apportait un sacrifice c’est le Kohen qui faisait le sacrifice et celui qui l’apportait faisait la « Semikhah yado », il appuyait ses mains sur la tête du sacrifice pour que la délégation soit faite, mais c’est le Kohen qui effectuait le sacrifice. D’après la Torah elle-même n’importe quel juif, s’il est cachère peut faire la She’hitah. Mais les prêtres de ce temps s’étaient arrogés l’organisation du culte. Scandale que le prophète Samuel dénonça, disant : she’hitah be zar kesheirah ! Le grand prêtre du temps s’appelait Êli (avec un ayin) et Shmouel s’opposait à Éli.

 

Grand principe de la Torah cité par le Talmud à ce moment-là « Kol hamorah halakhah lifney rabo ‘hayav mitah : tout celui qui décide de la Halakhah en présence de son maître (de son vivant)  est ‘Hayav Mitah, parce qu’il remet en question la révélation ».

 

Cf. l’expression française de bouche à oreille qui est fausse en hébreux : on dit de bouche à bouche.

Quelle est la différence ? Lorsque quelqu’un parle à un autre, c’est son oreille qui entend ce qui est dit mais sa bouche ne va pas forcément répéter ce que la bouche a dit. Elle va répéter ce que l’oreille a entendu, ce qui n’est pas forcément la même chose. De bouche à oreille, c’est le téléphone arabe… Alors que l’expression hébraïque « ish mi pih ish »  chacun de la bouche de quelqu’un d’autre. La bouche doit répéter ce que la bouche a dit et non pas ce que l’oreille a entendu. C’est la raison pour laquelle on n’a pas le droit de citer quelqu’un si on n’est pas capable d’être deux à pouvoir réciter la même chose. Cela s’appelle ‘havroutah. C’est la difficulté du témoignage. Il faut faire une vérification: du dedans de l’étude commune de deux élèves ce qu’a dit le maître a peut être des chances d’avoir été transmis… La transmission est cassée si on étudie seul.

La révélation est donnée simultanément à Moïse et Aharon. Et l’un interrogeait l’autre : qu’est que Dieu t’a dit ? Ce qui veut dire en réalité qu’est-ce que Dieu m’a dit puisque toi aussi tu le sais…

C’est cela la tradition. « Ish pi ish ad Mosheh rabenou mi pi hagevourah » jusqu’à Moïse de la bouche de Dieu lui-même… Et si on arrête la chaine on ne sait plus qui a parlé ? personne ! Dès que quelqu’un transmet autre chose que ce que son maître lui a transmis, il met en question le fait que Dieu ait parlé à Moïse. On voit à quel point c’est grave et à quel point on est loin de la vérité.

 

Au temps de Éli, les prêtres avaient dérobé l’exclusivité de cette prérogative du culte. Que les  Kohanim qui faisait la She’hitah. Il n’y a qu’à voir la cacheroute en france et toutes ces Hashga’hah de untel et de untel…C’est l’indice qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil…

Shmouel dénonce cela en révélant la véritable Halakhah.  “she’hitah be-zar ksheirah

La Mishnah commence par la phrase « Hakol sho’hatim… tous peuvent être Sho’het… et voilà ceux qui ne peuvent pas l’être…celui qui a mal à la main… celui dont le couteau ne coupe plus…etc. »

 

Actuellement la société juive elle-même est envahie par cela    lire la suite

 

Korah: l’ennemi de Moshé et de la Torah – vidéo

La fin tragique de la relation entre Caïn et Abel a libéré l’énergie spirituelle pour d’autres disputes à venir. L’une d’entre elles, mentionnée dans la Torah dans le Livre de Bamidbar (Les Nombres) entre Kora’h et Moshé, présente des similitudes stupéfiantes :

Et ils [Kora’h et ses disciples] se rassemblèrent contre Moshé et Aaron et leur dirent : « Vous avez trop pris pour vous, car toute l’assemblée, tous sont saints, L’Eternel est parmi eux. Alors pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la communauté de L’Eternel?  » [Les Nombres16:3]

Korah, le chef de la révolte, était un populiste. Il avait une philosophie attirante qui séduisait le peuple. Kora’h affirmait qu’ils étaient tous ‘saints’, sans distinction, et par conséquent, égaux et devant être traités de la même façon, avec les mêmes droits et les mêmes chances. Ainsi, l’argument de Kora’h était le même que celui de Caïn.

La fin que D.ieu a choisie pour la rébellion de Kora’h est pleine d’ironie :

La terre ouvrit sa bouche, les avala avec leurs maisons et tous les hommes qui étaient pour Kora’h et avec toutes les possessions. [Les Nombres16:32]

La dernière et l’unique fois que la Torah emploie cette formulation, c’est au sujet d’Abel lorsque la terre « a ouvert sa bouche » pour avaler le sang du frère assassiné. [Genèse 4:11]


Les mystiques, se basant sur un enseignement du grand kabbaliste du 16ème siècle, le Ari za’l, ont une très belle explication à propos de ces ressemblances. Ils nous apprennent que Kora’h était une réincarnation de l’âme de Caïn. [Shaâr Haguilgoulim, Hakdama 33; voir aussi le Shem MiShmouel dans Parashat Kora’h ]

Mais il y a d’autres ressemblances dans les histoires de Caïn/Abel et Kora’h/Moshé :

Le nom « Abel » signifie « le néant ». On nous dit que Moshé était le plus modeste des hommes. Nous pouvons supposer que Moshé, comme Abel, ne se considérait pas comme un personnage important. Sa position de chef n’a pas été obtenue par des manœuvres politiques; elle lui a été donnée directement par D.ieu et il a essayé à plusieurs reprises de refuser cette fonction.

Autre parallèle : quand Caïn s’est disputé avec Abel, Abel n’a pas répondu. De la même façon, le Pirké Kol Nidré (Maximes des Pères) qualifie la révolte de Kora’h comme étant « la dispute de Kora’h et ses disciples », et non comme étant la dispute de « Kora’h et Moshé ». [ Kol Nidré 5:17]; comme pour nous dire que Moshé n’aurait pas répondu à Kora’h si ce n’était pour la survie du peuple Juif et de la Torah. Il serait resté silencieux comme l’avait été Abel.

Moshé était conscient de l’unicité de chaque individu. Kora’h, lui, voulait effacer les différences qui existent entre les personnes.

http://
La Paracha Korah par infolivetv

 

le Rabbin Ari KAHN

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