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La question de Jérusalem jette une ombre sur la visite de Trump en Israël

Les relations entre Israël et l’administration Trump se sont crispées de manière brusque et inattendue peu avant la visite du président américain, autour de sujets chargés de symboles comme le Kotel et la situation de l’ambassade des Etats-Unis.

Israël: la question de Jérusalem jette une ombre sur la visite de Trump

Le déménagement éventuel de la représentation diplomatique américaine de Tel-Aviv à Jérusalem se trouve à nouveau au coeur de cette controverse touchant au statut de Jérusalem, l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.

Mais la polémique a été amplifiée contre toute attente par des propos qu’aurait tenus, selon les médias israéliens, un officiel américain préparant la visite du président et selon lesquels le mur des Lamentations, haut lieu du judaïsme, se trouverait non pas en Israël, mais en Cisjordanie, c’est-à-dire en territoire palestinien occupé.

Le statut légal et diplomatique de Jérusalem est un casse-tête. Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, y compris donc la partie palestinienne (Jérusalem-Est) dont il s’est emparé en 1967 et qu’il a annexée en 1980.

Les Palestiniens veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Le statut de Jérusalem tel que défini par Israël n’a pas été reconnu par les Nations unies, qui considèrent Jérusalem-Est comme territoire occupé.

Donald Trump, attendu lundi en Israël, a promis pendant sa campagne de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’Etat et d’y transférer l’ambassade actuellement à Tel-Aviv, rompant ainsi avec la communauté internationale et des décennies de diplomatie américaine.

Les Palestiniens et les pays arabes ont mis en garde contre le potentiel explosif d’un tel transfert. A l’épreuve du pouvoir, M. Trump semble beaucoup moins pressé, décevant les attentes d’une partie de la droite israélienne. Franchira-t-il le pas lors de sa visite ?

A l’approche de sa venue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est confronté aux doutes sur sa volonté personnelle de voir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Après des déclarations du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson dimanche pouvant laisser entendre que M. Netanyahu ne verrait pas le transfert nécessairement d’un bon oeil, un journaliste de la chaîne américaine Fox News tweetait lundi que M. Netanyahu avait demandé à M. Trump de ne pas toucher à la représentation diplomatique pour le moment.

Le bureau de M. Netanyahu a alors pris dans la soirée la décision exceptionnelle de publier des minutes des conversations privées qu’il avait eues avec Donald Trump lors de sa visite à Washington le 17 février, retranscrites par un de ses collaborateurs.

– ‘Solides comme le roc’ –

Exemple: « Déjeuner à la Maison Blanche: le PM a été interrogé sur l’ambassade et a répondu que (le déménagement) ne produirait pas le bain de sang régional avec lequel certains essaient de faire peur » à M. Trump.

Dans la soirée de lundi, la chaîne Channel Two, apparemment informée par des sources israéliennes, rapportait par ailleurs que, dimanche, lors d’une visite préparatoire au séjour de M. Trump, les Américains avaient refusé que M. Netanyahu se joigne à M. Trump au cours de sa visite au mur des Lamentations.

Auprès du mur, lieu de prière le plus sacré pour les juifs, des membres de l’équipe américaine auraient chassé des officiels israéliens en leur disant qu’ils ne pouvaient s’afficher avec eux sur le site. Un Américain aurait dit que le mur n’était pas en territoire israélien, mais en Cisjordanie.

Le mur des Lamentations est situé dans la Vieille ville, à Jérusalem-Est. Les mots rapportés par Channel Two sont d’autant plus surprenants que la politique américaine est de ne pas se prononcer sur la souveraineté de Jérusalem, censée s’inscrire dans un règlement final du conflit.

La Maison Blanche a fait savoir dans des médias américains que les propos attribués à l’officiel ne reflétaient pas ses positions.

C’est dans ce contexte que le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a présenté mardi ses lettres de créance au président israélien Reuven Rivlin.

Partisan déclaré de la colonisation israélienne, il s’était aussi prononcé pour un transfert de l’ambassade. Mais lors de la cérémonie, il s’est tenu à l’écart des querelles, y compris sur le mur devant lequel il est allé prier aussitôt arrivé en Israël lundi.

Il a fait voeu de « soutenir l’Etat d’Israël de toutes les manières possibles ». Quant à M. Trump, « son amour et son engagement en faveur d’Israël sont solides comme le roc et constituent sa plus haute priorité », a-t-il dit.

AFP

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