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Les juifs de Marseille meurtris se mobilisent en soutien à Israël

 Appelée conjointement par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et le Fond social juif unifié, la manifestation organisée hier, au départ du Vieux-Port, en “solidarité avec Israël, victime plusieurs fois par jour du terrorisme palestinien” n’a rassemblé sous l’Ombrière que quelques centaines de personnes, encadrées par un imposant dispositif policier. “Oui, on espérait plus de monde. D’autant plus que cette manifestation répondait à un appel de la base, reconnaissait au départ du cortège Michèle Teboul, la présidente du Crif. Mais avec ce qui s’est passé hier (samedi, NDLR) à Marseille, les gens ont certainement eu peur.

Une référence à la grave agression au couteau, doublée d’insultes antisémites, dont ont été victimes un passant portant une kippa et deux autres marseillais de confession juive, samedi matin, sur la Canebière. Rapidement interpellé par la Sûreté départementale, l’assaillant de 33 ans – qui a également aspergé de gaz lacrymogène un employé de MPM – était fortement alcoolisé au moment des faits. Il a été décrit par le préfet de police, Laurent Nunez, comme “un déséquilibré ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales.” Depuis, l’homme a été interné en psychiatrie.

“La haine du juif”

Il n’empêche : ce violent fait divers a encore alourdi un climat déjà plombé par l’actualité sanglante en provenance du Proche-Orient. “On nous parled’un fou, d’une personne ivre, je veux bien le croire, se crispe Michèle Teboul. Mais il a porté un coup de couteau à un juif et pas à n’importe quel Marseillais qui passait par là ! Il est évident que la haine du juif était inscrite dans son inconscient.

Remontés contre des médias qu’ils accusent de “désinformation” dans leur traitement de la vague d’attaques meutrières perpétrées ces dernières semaines en Cisjordanie, contre des Israéliens, les manifestants ont ensuite remonté la rue Paradis, jusqu’au consulat israélien, aux cris d‘”Israël vivra !” Ou encore, après avoir entonné en coeur La Marseillaise, en adaptant un chant de stade : “Aux armes ! Nous sommes le peuple juif ! Et nous voulons la paix !

Pour l’heure, dans ce conflit, seules les armes parlent tandis que les négociations israélo-palestiniennes, elles, sont toujours au point mort.

www.laprovence.com


 Rappel des faits de l’agression antisémite à Marseille

Agression antisémite à Marseille : l’homme était connu des services de police sur WAT.tv

Deux juifs porteurs de kippas et un rabbin ont été agressés violemment ce samedi matin sur la Canebière, à Marseille, par un homme armé d’un couteau. L’un des deux fidèles a été sérieusement blessé.

C’est sur la célèbre Canebière, aux alentours de 7h30 ce samedi matin, trois juifs porteurs de kippas ont été agressés par un homme armé d’un couteau sur le chemin de la synagogue.

Les deux fidèles et le rabbin qui descendaient l’artère marseillaise ont d’abord essuyé des insultes à caractère antisémite. La situation a rapidement dégénéré. L’agresseur a sorti un couteau avant de le planter dans l’abdomen d’un des deux fidèles.

La victime âgée de 44 ans et les deux autres personnes se sont réfugiées devant une synagogue, où elles ont été prises en charge par les marins-pompiers de Marseille. Le pronostic vital de la principale victime n’est plus engagé.

L’agresseur a été rapidement interpellé, dans les minutes qui ont suivi l’altercation. Connu pour des agressions, il a été placé en garde à vue. 

Selon les enquêteurs, il ne disposerait pas de toutes ses « facultés mentales », ce qui exclurait la thèse d’un attentat prémédité.

Il disposait suffisamment de neurones pour être connu des forces de police, avoir été arrêté par le passé et avoir été relâché, pour suivre l’actualité internationale, se sentir proche du jihadisme international pour poignarder un juif consciemment. 

Nier ce fait est déjà une façon de minimiser l’agression et d’absoudre l’agresseur…

Dans l’attente des résultats de l’enquête, l’UEJF demande aux autorités publiques d’être très vigilantes face à une possible importation du conflit israélo-palestinien, au vu de la recrudescence des attaques aux couteaux contre des civils israéliens ces dernières semaines.”pouvait-on lire sur le compte facebook de l’UEJF-Marseille.

Source: francebleu

Le rabbin agressé samedi à Marseille raconte : «L’agresseur n’avait rien d’un fou »

C’est en se rendant à la synagogue Minhat Chalom qui se trouve à la rue Dragon, dans le centre-ville de Marseille, que le rabbin A, accompagné de son fils, âgé de dix-neuf ans et d’un ami, âgé de 44 ans, ont été agressés. Encore très choqué, deux jours après les faits, il a accepté de raconter en détail la façon dont les choses se sont déroulées. Afin de rétablir certaines vérités.

«Il était environ 7 heures 10 lorsqu’avec mon fils et un ami nous marchions sur le cours Lieutaud pour nous rendre à la synagogue de la rue Dragon où l’office commence à 7 heures 30. Face à nous, un homme s’approche. Alors que nous nous écartons pour le laisser passer, il lève ses bras en l’air puis m’envoie un coup de poing au niveau de la poitrine, si violent qu’il me fait tomber en arrière. Il tape ensuite sur mon fils, de façon tout aussi violente au niveau du sternum. Lui au moi sommes au sol, choqués par ce qu’il vient de nous arriver. L’agresseur revient alors vers nous en sortant un couteau de sa sacoche. Ses mots ne sont pas clairs, mais il semble proférer quelque chose qui ressemble à « Allah Akbar ».

Mon ami tente de faire barrage. En s’interposant, il se prend un coup couteau dans le ventre. Voyant le sang couler, l’agresseur, de type arabo-musulman, âgé d’une trentaine d’années et visiblement éméché jette alors son couteau et s’enfuit ».

Indifférence

L’épaisse veste en cuir que portait l’ami du rabbin lui a sans doute sauvé la vie. Touchée au ventre, la victime s’en est sorti avec neuf points de suture. S’il avait été plus profond, ce coup de couteau aurait pu toucher son foie. Quant au rabbin, il n’en revient toujours pas de l’indifférence dans laquelle cette scène s’est déroulée.

«Nous avons été attaqués tout à côté d’un café. Les clients ont assisté à la scène mais aucun d’entre eux n’est intervenu », raconte-t-il. Quant au fait que l’agresseur serait un déséquilibré, le rabbin est formel : «C’est bien parce que moi et mon fils portons une barbe et un chapeau que nous avons été attaqués. L’agresseur n’avait rien d’un fou lorsqu’il s’est rué sur nous ».

Par Laëtitia Enriquez