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Livre de Ruth: quels enseignements? Par Caroline Rebouh – vidéo

Le premier mot hébraïque du livre de Ruth la Moabite nous annonce une tragédie et les quatre chapitres composant le livre de Ruth va, littéralement  par des allusions, relever des enseignements importants tant pour la vie sociale que sur le plan moral.


Le récit débute ainsi : ויהי בימי שפוט השופטים….. L’action se situe au moment où on jugeait les Juges – période de décadence pendant laquelle les Juges n’avaient pas d’autorité ni une bonne presse.
Il y eut une période de famine sévère. Afin de préserver sa famille de cette famine, Elimelekh décide de fuir de Beith Léhem en Judée pour se réfugier dans les plaines de Moab. Les prénoms des membres de cette famille sont significatifs puisque Elimelekh signifie que mon D est Roi, Naomi, l’épouse s’appelle  Douceur, les deux fils se nomment Mahlon et Khilion ce qui signifie respectueusement : maladif et chétif…..

 

 
Peu de temps après, Elimelekh meurt suivi d’assez près par ses deux fils qui entretemps avaient épousé des Moabiot. Le nom de l’une d’elles présage aussi de l’avenir : Orpa nom qui vient du mot oref ou nuque ce qui signifie qu’elle va partir et tourner le dos à Naomi sa belle-mère alors que Ruth fait serment d’attachement et de fidélité à celle-ci.

La première question qui se pose est de savoir pourquoi, (comme le montre la généalogie de Ruth : le Roi David est issu d’une Moabite et que le Roi Messie sera également un descendant de la Moabite ???). C’est parce qu’il est écrit qu’UN Moabite ne pourrait rentrer dans le Kahal de D mais pas UNE Moabite…..
Donc  rien n’est étonnant sur ce plan et les enfants issus d’une union d’un Juif avec une Moabite ou une Ammonite ne seront pas considérés comme Mamzérim (bâtard dans la terminologie française mais  qui signifie littéralement porteur d’un défaut étranger).
Se pose la question de savoir pourquoi si peu de temps après  avoir organisé le repli de sa famille dans les plaines de Moav, Elimelekh décède….
Le commentaire de Torah Temima explique qu’en se désolidarisant du peuple dans une période aussi troublée qu’une famine, Elimelekh a pris une décision révélatrice de sa dé solidarisation on pourrait alors se poser une autre question : il y a eu d’autres famines dans la Bible notamment celle où Jacob envoya ses fils en Egypte…. La différence entre ces deux situations est que Jacob a envoyé ses fils en Egypte non pas pour aller vivre en Egypte MAIS pour acheter du blé et continuer à vivre là où ils vivaient déjà avec les autres voisins.
Valeurs morales se trouvant énoncées dans la méguilah de Ruth :
Orpa se rend au raisonnement de sa belle-mère et s’en retourne chez ses parents, tourne le dos à Naomi et au judaïsme. Elle montre sa nuque en repartant : Orpa. Elle se désolidarise elle aussi et ne montre aucun attachement à cette famille qui l’avait adoptée et avec laquelle elle aurait continué à vivre si tout s’était bien déroulé. Par contre, Ruth montre son adhésion totale au judaïsme et à sa famille : « ne me contrains pas à partir loin de toi, car là où tu iras, j’irai et là où tu dormiras, je dormirai, et ton D sera le mien. Où tu seras enterrée sera le lieu de ma sépulture » Soumission totale au judaïsme et au respect des parents bien qu’il  ne s’agisse ici que de la belle-mère….
Mitsva du Yiboum (lévirat) : chapitre. I verset 11 :
Naomi leur dit : retournez chez vous mes filles, pourquoi viendriez- vous avec moi ? Aurai-je encore des fils dans mes entrailles que vous pourriez épouser ? ……..
Lorsqu’un homme meurt sans laisser de descendance, le ou l’un des frères restant même s’ils  sont mariés doivent donner une descendance posthume au frère défunt (il y a aussi la possibilité de renoncer à cet acte par une autre mitsva qui est celle du déchaussement) et si ce n’est un frère, on recherche le parent le plus proche pour  accomplir cette mitsva. Par ces paroles et celles des versets suivants dans lesquels Naomi va encore plus loin en envisageant que même si elle avait eu la possibilité encore d’appartenir à un homme et de retomber enceinte à nouveau et d’élever de nouveaux enfants pour les donner comme maris à ses deux brus, il aurait pu y avoir encore une raison pour que les deux moabites restent avec Naomi mais, en l’état présent, il n’y a aucune possibilité de pratiquer cette mitsva……

Un intérêt réside en la mitsva : celui de pouvoir restituer à la veuve et ensuite au descendant putatif du défunt les terrains qu’il avait en sa possession à son décès faute de quoi ces biens tombent dans les biens publics.

Dans ce cas précis, Noémie qui était riche au temps où son mari vivait à la mort de celui-ci et de ses deux fils furent annexés à la communauté, d’où son opiniâtreté à vouloir donner une descendance posthume à son fils de manière à pouvoir récupérer les terrains de la famille si durement éprouvée.
Cependant, plus loin dans le texte, cette mitsva prendra sa pleine expression lorsque, au chapitre II, se dessine un espoir de pratiquer cette mitsva lorsque Naomi apprend qu’un parent de son défunt mari habite dans la région et il se prénomme Boaz (bo = en lui, oz, force).
C’est ainsi que par la suite, Ruth, dont la réputation de femme vertueuse devance ses pas attire l’attention de Boaz et la mitsva du lévirat se réalisera, récompensant l’attitude de Ruth ainsi que la vertu de Naomi…….
Mitsvoth ayant trait aux pauvres, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins  dans le domaine agricole :


Le glanage (leket לקט): les personnes appartenant aux catégories ci-dessus ont le droit de pratiquer le glanage ce qui signifie que les travailleurs laissant tomber des épis de céréales derrière eux, ces épis peuvent être récupérés par les pauvres etc…..
Le coin(פיאה-péa) : un coin des champs doit être obligatoirement être laissé à la disposition des indigents énumérés ci-dessus…..de même en cueillant les fruits d’un arbre, on en laisse une partie à la discrétion de  l’indigent.
L’oubli (shikheha שיכחה) : les gerbes laissées et oubliées le sont également au profit des nécessiteux.
Ruth la Moabite a donc profité de ces dispositions prescrites dans la Torah pour vivre avec Naomi……
Les différents mérites composant la personnalité de Ruth lui auront permis d’être la génitrice d’une lignée de prestige puisqu’elle fut l’aïeule du  Roi David et donc de Salomon puis, à la fin des temps, du Roi Messie.

L’histoire de Ruth tout comme celle d’Esther est présentée sur un rouleau de parchemin écrit à la main par un sofer ou scribe. Dans le Tanakh on compte cinq meguiloth :

MEGUILATH ESTHER   (le mot meguilah vient du mot glil = rouleau ou liglol = enrouler)

MEGUILATH RUTH

SHIR HASHIRIM  (Cantique des Cantiques)

KOHELETH (L’Ecclésiaste)

EIKHAH (Les   Lamentations).
Caroline Elishéva REBOUH

 

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