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Mikets: il arriva, au bout de deux ans, que Pharaon rêva, et voilà qu’il se tenait sur le fleuve par S. Darmon

j’ai le plaisir de vous faire parvenir une explication originale sur le premier verset de la paracha de la semaine, Mikets.
Voici le verset : « Il arriva, au bout de deux ans, que Pharaon rêva, et voilà qu’il se tenait sur le fleuve » …
Le temps est venu pour Yossef de sortir d’exil : quitter la prison dans laquelle il est resté pendant douze années, pour s’élever très haut, en devenant vice-roi d’Egypte.
Comme le note le Ora’h Hayim hakadoch, la paracha commence par le mot « vayehi » (il y eut, il arriva que) : ce terme s’emploie généralement quand il y a souffrance. Effectivement, nos maîtres de mémoire bénie nous enseignent que pour n’avoir pas placé totalement sa confiance en D., en demandant au maître échanson de bien vouloir se souvenir de lui, Yossef dut rester deux années supplémentaires en prison …
La paracha commence donc par ce rappel : il arriva au bout de deux ans …
Il est intéressant de constater l’expression employée dans le verset : « chenatayim yamim ». En général, pour dire deux ans, on dit chété chanim !
En hébreu, pour parler de deux choses qui vont par pair, on emploie la terminaison : ayim. Par exemple, une main se dit yad, deux mains yadayim. Un pied se dit reguel, deux pieds se disent raglayim. Une oreille se dit ozen, deux oreilles se disent oznayim, etc.
Une année se dit : chana, donc un groupe de deux années se dirait donc chenatayim. Dans ce cas, pourquoi la Torah ne se contente pas de ce mot, en y ajoutant le mot yamim, des jours ? Ainsi chenatayim yamim, c’est littéralement un groupe de deux années de jours … Qu’est-ce que cela signifie ? Le Orah Hayim mentionne dans son commentaire que les deux mentions de « souviens-toi de moi » à la fin de la paracha précédente sont mis en parallèle avec les deux années supplémentaires d’attentes et de souffrances de Yossef.
Au niveau chronologique, il est possible d’avancer ce qui suit (plusieurs recoupements sont tirés du commentaire du Orah Hayim) : quand le maître échanson fit son rêve, interprété par Yossef, c’était Roch Hachana. Yossef devait sortir de prison à ce moment-là. En fin de nuit, Yossef interprèta le rêve du maître-échanson et lui demanda de se souvenir de lui, pour qu’il puisse sortir de prison. Peu de temps après, la même nuit, Pharaon fait son rêve, mais au lieu de s’en rappeler, il l’oublie ! Parce que Yossef a dit : « souviens-toi de moi », ceci a entraîné que Pharaon a oublié son rêve !
En effet, s’il s’en était rappelé, Yossef serait sorti de prison trois jours après (car l’anniversaire de Pharaon eut lieu trois jours après le rêve du maître échanson, et c’est à ce moment là qu’il le réintégra dans sa fonction). Puis, de façon troublante, Pharaon répéta son rêve, nuit après nuit : il avait conscience d’avoir rêvé, il sentait qu’on lui montrait la même chose, mais il était incapable de s’en souvenir …
Ce n’est qu’au bout de deux années, au moment décrété par Hachem pour que Yossef sorte de prison, que Pharaon se rappela enfin de son rêve … Mais finalement, tout était-il totalement décrété, ou bien Yossef aurait pu peut-être sortir avant le terme des deux années ? Cette question est d’autant plus renforcée que pendant deux années consécutives, Pharaon fait le même rêve et l’oublie …
Cela signifie donc que chaque jour, il avait la possibilité de se rappeler du rêve et d’en informer les devins, jusqu’à ce que la nouvelle du rêve indéchiffrable de Pharaon parvienne aux oreilles du maître échanson qui se serait alors rappelé de Yossef …!
C’est peut-être pour cela que la Torah mentionne le mot jour : il ne s’agit pas de deux années immuables, durant lesquelles Yossef est condamné à rester en prison, mais d’une possibilité d' »ouvrir » le décret en le rendant moins rigide : chaque jour, il peut être délivré ! Et cela rappelle et constitue un grand enseignement : à Roch Hachana, bien des événements futurs sont décrétés, mais à tout moment, chaque jour, à chaque instant, il est possible de se renouveller, de casser les chaînes de notre propre prison pour naître à une nouvelle existence.
Il suffit simplement de se rappeler de D. : nous sommes des pharaons, des instruments du Créateur pour permettre la réalisation de Son grand projet. Nous voyons de grandes choses, merveilleuses et impressionnantes, mais nous ne parvenons pas à nous en rappeler … C’est à dire que nous n’arrivons pas à les intégrer dans notre quotidien. Nous devons faire de la Torah une réalité, c’est à dire la vivre, et ne pas l’oublier, à l’instar d’un rêve évanescent.
Rapprochons nous du Créateur, essayons de devenir meilleurs, étudions la Torah et, à la lumière des commentaires millénaires de nos maîtres, voyons en quoi elle nous concerne vraiment, parce qu’au final, le Créateur du monde n’a pas écrit la Torah pour un peuple qui a vécu il y a 3300 ans. Il a écrit la Torah, pour vous, les frères et soeurs de mon peuple, afin que nous puissions être guidés, à chaque étape, à chaque pas de notre existence. C’est cela la force du renouvellement : apprendre que chaque mot de la Torah a été écrit pour soi, afin de se réaliser et dévoiler, au grand jour, le rêve caché de notre mission de vie qui porte en potentiel, tant de signification.
Shabbat shalom ! Shmouel DARMON

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