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Nasso: l’élévation, tout un programme ! Par Caroline Rebouh – vidéo

Élever quelqu’un à une dignité, élever la voix. Autour de ces deux significations se range la sidra de cette semaine. Élever les enfants de Lévy (Kehat , Guershon et Merari) aux dignités de Chantres qui vont, en soulevant le Tabernacle, élever leurs voix car, aussi bien les Cohanim guedolim doivent s’acquitter de leur tâche sans parler, autant les Léviim doivent s’acquitter de leur tâche en psalmodiant.

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Mais,  dans l’action d’élever quelqu’un à une dignité, il y a aussi la volonté de rapprocher quelqu’un qui, volontairement ou involontairement, se serait éloigné de son milieu, de sa famille, de sa communauté.

D. demande à Moïse de faire en sorte que les Guershonides lèvent leurs visages et les exégètes donnent leur avis à ce sujet : en disant « élève » le visage des enfants de Guershon l’intention de D. est d’adresser un message très clair à ces descendants : ils ne doivent pas penser que parce qu’ils n’ont pas été choisis pour une autre fonction que l’Eternel les aime moins et ils ne doivent pas penser qu’ils ont peut-être fait quelque chose qui n’a pas plu à D.

Mais, au contraire IL S’adresse spécialement à Moïse pour qu’il relève leur menton et qu’ils maintiennent leur visage dans une attitude digne car HaShem les aime tout autant que n’importe lequel des descendants d’Abraham, d’Isaac ou de Jacob. Et, ils doivent se pénétrer de leur valeur personnelle.

Le nom de cette sidra prend sa source dans le verbe לשאת[1] (lassete) porter ou élever et aussi épouser dans le sens de prendre quelqu’un en  charge.

En ce cas quelle est la signification ici de nasso ? Ici, le sens est d’élever les trois chefs de famille[2] des Léviim à des dignités de chantres et également les charger d’une responsabilité qui est celle de transporter les ustensiles du Temple sur des chariots qui vont être affrétés à cela en effet, deux des chariots seront destinés au transport des tentures et les quatre autres seront  chargés des poutres et autres accessoires.

Et, il est intéressant de découvrir la complémentarité qui se dégage de  מלאכת הקודש   : ainsi le camp va être levé et les tâches seront réparties : les cohanim emballeront les ustensiles du mikdash et les léviim les soulèveront et les transporteront, de manière à préserver la vie des Kehatites, des Guershonides et des Mérarites.

En effet, la tentation peut être forte pour un Lévi  qui  pourrait être tenté d’apercevoir les ustensiles dont le cohen gadol se sert dans l’exercice de ses fonctions et il pourrait en mourir comme cela se produisit par la suite lorsque l’Arche traversa Beith Shemesh et que certains ont soulevé un pan de tissu pour apercevoir le contenu de l’Arche ce qui occasionna la mort de soixante-dix hommes sur une assistance de 50,000 personnes !

Dans cette péricope sont évoqués des thèmes très importants tels que Sota (la femme infidèle), les lois sur le nazir, et la birkat hakohanim. Le texte de la Torah va exposer en un nombre de versets assez restreint pour expliquer le processus à entreprendre pour éclaircir le doute qui pourrait se faire jour en cas de jalousie de l’époux envers sa femme et donc de présomption d’adultère.

C’est ainsi d’ailleurs, à ce propos, par une allusion, que l’on comprend que la femme mariée doit normalement avoir la tête couverte :   il est précisé en effet, que le Cohen doit ôter le couvre-chef de la femme soupçonnéeet, il n’est nulle part ailleurs, question de couvre-chef pour la femme mariée.

Birkat hakohanim, la bénédiction des cohanim, bénédiction triple, dont l’importance cabalistique est d’une très haute portée.

La bénédiction comporte quinze mots. Les os formant la main sont au nombre de quatorze comme la valeur numérique du mot yadידmain en hébreu ce nombre vient simplement montrer le rapport qu’il y a entre la main et D : 14+1=15 (la main et D)  la main qui va servir de moyen de transmission de la bénédiction des cohanim vers le peuple d’Israël…..et D qui bénit Son peuple par le truchement des cohanim……

Dans cette parasha, vers la fin, seront évoquées ce qu’on a coutume de nommer parashioth ‘hanessiim  dont on a coutume de lire une portion chaque jour de la fête de Hanouka. Se pose une question : le mot nessiim נשיאיםest traduit généralement par le titre de Prince et il s’agit donc des Princes des douze tribus d’Israël. Or, Prince se traduit par nassikh : נסיך si c’est nassikh alors pourquoi nassi נשיא qui est traduit généralement de nos jours par Président ?  C’est aussi parce que ces Princes portent sur eux une charge ou une responsabilité : ils portent une charge.

Dans la sidra de “Nasso” il est question du très difficile sujet de la femme infidèle : La femme infidèle ou en hébreu אישה סוטהisha sotta[3] . Il est à souligner que lorsqu’un époux est jaloux et soupçonne sa femme d’adultère, la loi juive se porte non seulement du côté de l’époux mais aussi du côté de la femme soupçonnée peut-être abusivement ou injustement et en se portant aussi du côté de la femme pour le cas où le mari n’est pas d’une conduite irréprochable par exemple. D’autre part, ce que le Cohen Gadol va écrire sur un parchemin pour démasquer la fautive ne sera accompagné d’aucun effet si l’accusée est innocente.

Tout Cohen n’est pas forcément apte à faire la bénédiction des Cohanim : il suffit qu’il ait un défaut physique ou même verbal pour ne pas être apte à répéter la triple bénédiction la raison est que le Cohen Gadol doit avoir une apparence parfaite, il doit avoir une conduite exemplaire et ne serait-ce que si, de par son métier, il peut avoir les mains ou les pieds teintés (la guemara cite par exemple les tanneurs ou les teinturiers) il ne peut se tenir face au public pour prononcer le nom ineffable.

Caroline Elisheva REBOUH

[1]– Avec un noun défectif puisque la racine est noun, sine, alef נשא .

[2]– Les Kehati, les Guershoni et les Mérari.

[3]– d’où vient le mot sotte en français.

 

SAMSON  LE CHAMPION

Dans la sidra de Nasso on nous entretient du sujet des  nezirim ou ascètes. C’est sans aucun doute la raison pour laquelle la haftara traite de Samson le Héros histoire tirée du livre des Juges.  Ce récit porté sur les écrans dans les années 50 me semble-t-il a contribué à faire connaître ce héros biblique du grand public.

Cependant, en se basant sur le texte biblique, on ne connaît pas le nom de la mère de Samson de même que n’est pas dévoilée la généalogie du père de Samson dont on connaît le nom hébraïque : MANOAH ou Manoé en français.

Nous allons ici tenter de faire le jour sur ces points obscurs.

L’histoire de Samson pour sa prime enfance et son adolescence se déroule dans la région de Beith Shemesh :  Manoah est originaire de Tsor’asitué à la limite du territoire de la tribu de Dan ; et sa mère serait issue de Tselafon de la tribu de Yéhouda.  Après son mariage, le couple s’installa à Eshtaol.  Et c’est là que Samson aurait vu le jour. D’après la Guemara Baba Batra 91a, la mère de Samson se nommait Hatselalfoni (ajoutant une allusion à son lieu de naissance Tselafon). Manoah était un homme simple, pratiquement ignorant (Berakhot 61a).

La mère de Samson, Hatslalfoni, était stérile et elle priait énormément pour avoir le bonheur de porter un enfant en son sein. Ainsi que nous le savons D aime entendre la prière des Justes et c’est pour cela qu’IL donne des épreuves à ceux dont IL veut entendre d’avantage de prières. La naissance de cet enfant particulier est annoncée par un ange qui prévient du fait que dès la conception de l’enfant la mère devra s’abstenir de boire du vin et que l’enfant lui-même devra être ascète.

La force surhumaine dont sera doté Samson va provoquer des curiosités malsaines qui seront à la base de sa perte. Dans sa jeunesse, le héros va se battre et certaines rues de Beith Shemesh portent des noms rappelant les exploits de Shimshon (rehovshoualéshimshon, rehovramatlehi etc. voir récit des « aventures » de Samson dans le livre des Juges chapitres 13 à 16 inclus).

Shimshon est enterré au kiboutzTsore’a et non loin un grand carrefour routier est désigné par ce nom : TsometShimshon (carrefour de Samson).

Pour rappeler cette force légendaire, une marque de valises n’a pas hésité à appeler ses produits Samsonite faisant allusion à cette belle résistance

Caroline Elishéva REBOUH

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