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Que sont devenus les juifs en Inde par JHG – vidéo

Les images tragiques des attaques de Bombay, le 26 novembre 2008, ont fait le tour du monde. Nariman House, la maison d’accueil pour les touristes israéliens, faisait partie des lieux visés. Plusieurs personnes dont le rabbin et sa femme y ont perdu la vie. Au-delà du drame, cet événement a mis en lumière la communauté peu connue des juifs d’Inde, et en parallèle à la présentation du roman d’Esther DAVID, dans la rubrique « livres coup de coeur » qui se situe au sein de cette communauté, j’ai décidé de raconter l’histoire des juifs en Inde.

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Les juifs du Kérala

À Cochin, la communauté juive a presque complètement disparu. En effet, il ne resterait en tout et pour tout qu’une dizaine de juifs. C’est pourtant ici, au Kerala, Etat du sud Ouest de l’Inde, que s’est établie la toute première communauté juive du pays. Après la destruction du second temple de Jérusalem, en 70 après Jésus Christ, arrivent ceux qu’on appellera les « juifs noirs de Cochin ».

Située au bout d’une presqu’île paradisiaque, où les cocotiers s’alanguissent le long des plages, Cochin est devenue un comptoir commercial de première envergure après les explorations de Vasco de Gama à la fin du 15ème siècle. Portugais et Hollandais s’installent a leur tour, dont certains juifs. Ils se constituent rapidement en une caste supérieure à celle des « juifs noirs ». Ils prennent le nom de pardesi ou « juifs blancs ».

Ces derniers élèvent une synagogue en 1568 au coeur du quartier juif de la ville. Mais ils en refusent l’accès aux premiers juifs indianisés. C’est aujourd’hui le principal vestige de la présence juive à Cochin, visitée comme telle par les touristes. Mais même si le lieu ferme le vendredi et le samedi pour Shabbat, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de rabbin ni de cérémonie.

Dans la rue qui mène a la synagogue, les vendeurs de souvenirs ont remplacé les commerçants juifs. Un peu plus loin, derrière une grille fermée, s’étale le cimetière juif. Les tombes gravées en hébreu ne sont plus entretenues et les herbes folles ont envahi les lieux. Le vent de l’histoire a définitivement tourné a Cochin.

Petit historique sur les Bne Israël et les Baghdadis

Rachel, l’héroïne du roman d’Esther DAVID, appartient à la communauté Bné Israel, tout comme son auteur. On estime que l’arrivée des Bne Israël, ainsi que l’on nomme les premiers juifs à s’être établis sur la côte indienne au Sud de Bombay, aurait eu lieu il y a deux millénaires. Ils se sont rapidement intégrés dans le système de castes, connus sous le nom des Shaniwar Telis : les presseurs d’huile du samedi, car ils exerçaient souvent ce métier et observaient le shabbat.

C’est d’ailleurs avec le Shema Israël les seuls éléments qu’ils avaient préservé du judaïsme. Cette diaspora s’est fortement indianisée, de l’adoption de patronymes locaux à la présence de henné dans les mariages. Paradoxalement, c’est cette même indianisation qui leur a permis de survivre : en respectant les coutumes endogames indiennes, les Bene Israël ont conservé la communauté intacte au fil des siècles.

Au 18ème siècle, les opportunités économiques font monter les Bene Israël à Bombay.

Au cours du 19ème siècle, des juifs du Moyen-Orient émigrent en Inde à leur tour à Bombay mais aussi à Calcutta, notamment en 1832 quand le prince David Sasson et sa communauté fuient les pogroms de Bagdad. Les nouveaux venus prennent ainsi le nom de juifs Baghdadis. La famille Sasson développe rapidement un important commerce de coton, de textile et d’opium au point d’être surnommés les « Rothschild de l’Orient ».
C’est à leur contact que les Bene Israël vont se rejudaïser. Le processus ne va pas sans heurt et on voit apparaître un nouveau système de caste inconnu dans le judaïsme : les Bagdhadis méprisent les Bne Israël, desservis par leur profil marhate et leurs habitudes de vie indiennes. Ils sont considérés comme des juifs impurs.

Plus que les récentes attaques, c’est un lent déclin qui affaiblit la communauté juive de Bombay. À titre d’exemple, il ne reste plus que 80 juifs Baghdadis (juifs du Moyen-Orient arrivés en Inde au 19ème siècle) à Bombay, alors qu’ils étaient environ 5 000 en 1940. La population vieillit et les jeunes sont tentés par le voyage en Israël. La Terre Promise est une opportunité en tant que telle, mais aussi un tremplin vers l’émigration en Occident, un rêve qui habite beaucoup d’habitants de Bombay, juifs ou non.

L’affaiblissement de la communauté renforce les liens entre Baghdadis et Bne Israël. Pour atteindre le minimum de 10 fidèles requis pour le Shabbat, les Baghdadis et les Bne Israël prient ensemble. Il est ainsi plus facile d’oublier les conflits du passé ».La communauté Baghdadi comptait, à son apogée dans les années 1940, quelque 7 000 membres. Cependant, après une forte émigration vers Israël et les pays anglo-saxons dans le troisième quart du xxe siècle, elle est presque éteinte au début du xxie siècle, avec moins de 50 personnes.

Apres la création d’Israël en 1948, de nombreux juifs d’Inde ont rejoint l’État hébreu. Aujourd’hui, ils sont moins de 10 000 dans le pays.
Malgré les récents attentats de Nariman House, de nombreux juifs de Bombay affirment que les rapports entre juifs et musulmans en Inde sont loin d’être conflictuels comme peuvent l’être ceux entre musulmans et hindous. « Les liens qui unissent les musulmans et les juifs en Inde sont bien plus anciens que le conflit au Proche-Orient. En Inde, les gens ne voient pas les juifs et les musulmans comme des ennemis mais comme des Indiens parmi d’autres ». Ils prennent la tragédie qu’ils ont connu comme un acte isolé perpétré par des non-indiens. D’ailleurs beaucoup de juifs Indiens qui vivent encore dans le pays, et Esther DAVID elle-même qui me l’a dit, ne pense pas en termes de « juif ou non-juif », mais pensent en tant qu’Indien ». (inspiré des explications d’Esther DAVID et d’un article d’Aujourd’hui L’Inde)

En 2016, la population juive indienne est estimée à 5 000 personnes. Ils disposent du statut de « minorité » au Bengale-Occidental (43 Juifs) et depuis 2016 au Maharashtra (1000 Juifs). Ce statut facilite les actes d’état civil et la vie culturelle

Fabienne-Shanti DESJARDINS

A New Delhi, l’une des grandes capitales de l’Inde, pays multi-religieux par excellence, vit un rabbin entouré d’une communauté composée de dix familles juives qui essayent toutes de survivre et de garder leur culture et leurs traditions ancestrales.

Loin d’Israël mais fiers d’être juifs. Pourtant, à New Dheli, la signification du mot Galouth doit revêtir  une signification bien plus forte pour ces dix familles  juives  qui essayent  malgré tout de garder les lois du Judaisme. Dans leur synagogue, Judah Hyam offerte en 1956 par un gouverneur indien,  les hommes et les femmes ne sont pas séparés, et les portes sont ouvertes à tous : Juifs, convertis ou adeptes d’autres religions. Tous  viennent ici chanter des psaumes dans un hébreu  quasi parfait.

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Aujourd’hui, on compte une trentaine de synagogues en Inde. Les premiers Juifs sont arrivés il y a deux mille ans et il n’y a pas si longtemps, en 1951, le recensement indien avait  dénombré 35 000 Juifs, vivant principalement dans la zone commerciale de Mumbaï et les plus grands quais de la ville portent le nom de la famille juive la plus célèbre du pays : les Sassoon.  Aujourd’hui, seuls  cinq milles  juifs  y vivent, parmi  une population  indienne totale de plus de 1,2 milliards d’habitants !

Parfois, des fidèles n’hésitent pas à parcourir plus de 30 km pour se rendre à un office de Chabbat. Pour eux, le service hebdomadaire  est un lien  essentiel pour maintenir les familles juives de la ville.
«Nous sommes une très petite communauté, insignifiante même,  mais notre force est ce lien qui nous unit comme une seule et même famille. Ici nous pouvons  nous rencontrer, nous parler, bavarder, échanger. »  explique Shulamith, la fille du Rabbin.
«Je suis d’abord Indien, et Juif ensuite. L’Inde est l’un des pays où les Juifs n’ont jamais eu à souffrir d’antisémitisme ou de persécutions. En outre, je considère l’Inde comme mon pays natal», ajoute le rabbin. «Israël est dans mon cœur, mais l’Inde est dans mon sang» finit-il par dire et  de raconter  la légende de sept familles juives échouées sur les plages de Mumbaï après un naufrage au 15ème siècle.
« Nous avons réussi à  survivre ici tout ce temps », déclare Elizabeth, une fidèle de la synagogue. « Et il y aura toujours quelqu’un ici», assure-t-elle.

Malekar addresses community members in the hall. —Reuters

Source koide9enisrael

Les Bene Israël (Inde) – Photographies de Frédéric Brenner

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté l’exposition éponyme sur les Bene Israël, un des quatre groupes Juifs vivant en Inde. Dans le cabinet d’art graphique du musée, sont montrées 18 photos de Bene Israël prises par Frédéric Brenner en 1984 ainsi qu’une stèle du cimetière de Kochi (Cochin). Héros de l’Inde, le plus haut officier gradé Juif dans l’armée indienne, Jacob-Farj-Rafael Jacob, né dans une famille Juive « Baghdadi », est mort le 13 janvier 2016 à New Delhi. Les plus hautes autorités politiques indiennes lui ont rendu un vibrant hommage.

 

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