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Rescapée de l’enfer nazi, Henriette est centenaire

Tel est le label que l’on peut décerner à Henriette Cohen, mère de six enfants. Famille et amis ont tenu à lui célébrer son centième anniversaire le 17 août, dans la joie et l’amour.

Henriette était tout à sa joie, de recevoir une multitude de petits baisers et félicitations de la famille. Il fallait faire la queue pour accéder à son sourire et ses réparties pleines d’humour. Tout à son esprit vif et clair, c’est avec émotion qu’elle reconnaissait et remerciait tout un chacun.

Ses six enfants, Monique la cheville ouvrière de ce grand rassemblement, Michèle l’infatigable, Nicole la brune prévenante, Liliane la blonde méthodique, Bernard le souriant et Jean-Luc le dynamique, étaient pleins d’attention pour la Mama.

De nombreux amis étaient aussi présents, à l’image de Denise Toros-Marter, ancienne déportée elle aussi et présidente de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, venue saluer Henriette qui fut aussi vice-présidente de son association en 1985. Présents aussi Édith, représentant le Crif, Robert Mizrahi, du collectif Yad Vachem, Albert Barbouth de la Fondation de la mémoire de la déportation.

La vie d’Henriette est naturellement digne de tout respect. De 1944 à 1945, elle a vécu l’enfer des camps d’extermination nazis, Birkenau, Auschwitz, puis Bergen-Belsen, où chaque matin dès quatre heures, il fallait subir pendant deux heures l’appel des prisonniers dans le froid et la neige. L’héroïne conserve toujours sur son avant-bras son tatouage portant le numéro A 85-41 de déportée, elle n’a jamais voulu effacer ces chiffres. Pour elle l’instinct de survie en pensant à son mari et à ses filles, lui a permis de résister face à la mort.

Henriette a connu, la faim, le froid, l’humiliation, la vermine, et la peur constante. Sa force de caractère lui a permis de franchir tous les obstacles de l’indicible. Elle garde un souvenir ému de tendresse pour la famille Vincent, qui l’avait protégée des Allemands pendant un temps avant son arrestation, et qui a été reconnue « Justes parmi les nations ». Elle n’oublie pas ses proches disparus pendant ce terrible drame, ainsi que ses compagnes d’internement décédées pendant l’emprisonnement.

Avec l’aide de son époux elle a reconstruit sa vie et se décida pleinement à militer pour la mémoire de la Shoah, lorsqu’elle apprit qu’un infâme Faurison, avait prétendu que les chambres à gaz n’avaient pas existé. Aujourd’hui Henriette Cohen coule des jours heureux, entourée de ses enfants, fière de connaître ses treize petits enfants et trente-trois arrière-petits-enfants.

Source laprovence

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