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Vayichlah: une portée messianique par Caroline Rebouh © vidéo

Cette présente péricope de Vayichlah est porteuse de messages d’importance : entre le départ de Jacob de chez son beau-père, le combat avec l’Ange et la rencontre des frères ennemis, la Torah nous force à nous pencher sur le texte de manière approfondie.

Jacob n’était pas un personnage sur lequel l’orgueil et la suffisance avaient prise. Les valeurs spirituelles et morales dont il avait toujours fait preuve l’ont accompagnées même tout-au-long de son séjour parmi des idolâtres et c’est justement pour pouvoir transmettre ces valeurs et tout l’enseignement qu’il avait reçu lors de son séjour chez Eber que Jacob a travaillé chez Laban 14 années de manière à forger ses épouses selon la Torah telle qu’il l’avait apprise chez son maître, et d’y puiser aussi des forces morales pour résister à un environnement hostile c’est  la raison pour laquelle lorsqu’il rencontre Esaü qu’il lui dit que pendant toutes ces années, il a habité « גרתי » en employant un verbe signifiant que son intention n’avait pas été de s’y enraciner ou d’y demeurer – statut permanent comme le confère le verbe לדור habiter dans le sens de demeurer  – un appartement est une dira (דירה)-.

Mais le terme de גרתי  signale que tout en demeurant dans un milieu hostile il a tout de même observé les « tariag mitsvoth » ou 613 commandements – le mot garti est en désordre le mot qui indique le nombre de 613. Mais, ce n’est pas tout : ce mot qui renferme le vocable גר (étranger)  met l’accent sur le fait que Jacob, bien qu’étant le neveu de Laban, et, bien qu’il ait vécu là-bas vingt ans durant, il ne s’est jamais fondu dans cette société qui lui était étrangère et qui, de toute façon ne l’a jamais inclus ou confondu en elle. Ce qui est une allusion aux multiples exemples contenus dans notre si riche Histoire : le Juif, même lorsqu’il a voulu –comme au siècle des « lumières » – faire oublier qu’il est Juif, n’a toujours été classé que parmi les « étrangers ».

LE CADEAU A ESAÜ : Une allusion est donnée par la Torah dans le cadeau offert à Esaü :  tout en rangeant dans une excellente stratégie d’intimidation envers son frère les cinq catégories d’animaux, Jacob fait présent à Esaü de 580 animaux. Ce chiffre symbolique a une double signification : 580 en hébreu s’écrit : âin- shine- youd et resh,  qui forment le mot âshir = riche.  Allusion pour Esaü : je suis riche, ce cadeau n’est rien.

Dans un autre sens, on peut aussi trouver là qu’en fait cette offrande n’est que la dîme des possessions de Jacob mais, il y a encore un autre sens : ces lettres shine/sine- âine – youd – resh forment le nom de séîr, le mont séîr refuge d’Esaü, là où ce frère qui sera surnommé Edom mais que la Torah présente comme « chevelu » (comme un bouc), voulut détruire Jacob et sa famille. Certains commentateurs trouvent dans ces 580 bêtes la préfiguration du « séîrlaâzazel (bouc émissaire) ».

LE COMBAT AVEC L’ANGE : Le nom de cette sidra est riche en enseignements car VAYISHLAH :  וישלח il a envoyé, en inversant l’ordre des lettres, nous obtenons ויחלש  du mot halash faible , l’ange le confie à Jacob dans un lahashלחש  dans un murmure  et là encore nous avons les mêmes lettres. Heth-lamed-shin.  L’ange qui, selon les commentateurs est peut-être le penchant d’Esaü, ou un envoyé de D est étonné d’avoir été vaincu par la force physique surnaturelle de Jacob. Rappelez-vous que dans la précédente parasha, Jacob a déplacé à lui seul cette pierre qui fermait le puits alors que les bergers s’y mettaient à plusieurs ! Et, le dialogue entre Jacob et l’ange se fait à voix basse (lahash) et l’ange pensant Jacob faible (halash) fut surpris.

Lorsque Laban recherche ses idoles que sa fille Rahel avait dérobées non pas comme une vulgaire voleuse mais au contraire, dans la louable intention de voir son père changer de comportement, Jacob lance une malédiction : que meure celui chez lequel se trouvent ces idoles. Les Sages nous enseignent que Rahel est morte en couches à cause de cette malédiction et c’est pour laquelle il faut toujours se garder de maudire quelqu’un car le Satan est toujours présent et peut se saisir d’un mot même s’il  a été prononcé dans un état second. Voici donc un autre enseignement et non des moindres.

Esaü embrasse Jacob : la Torah signale par des points situés au-dessus du mot que ce baiser d’Esaü comportait une signification autre qu’un simple baiser fraternel. Il aurait voulu en fait mordre Jacob à l’endroit le plus vulnérable du corps humain  mais, en voulant mordre Jacob à son cou, la chair de Jacob se transforma en ivoire et rien ne se produisit. Rashi, pour sa part, rapporte l’opinion de Rabbi Shimon Bar Yohay selon lequel  au point crucial d’échanger un baiser fraternel de réconciliation, les sentiments d’Esaü se muèrent לכף זכות     favorablement vis-à-vis de Jacob. Pour terminer, d’ailleurs, sur une note positive le total en guematriya du mot וישקהוvayishakéhou (il l’a embrassé) est de 427  ou  zekhoutavec un vav défectif = mérite).

Le séjour à Shkhem est malheureux : Dina fille de Rahel et de Jacob, d’une grande beauté, est violée par le prince de Shkhem. S’en suivra un massacre – pour racheter l’honneur de leur sœur – mené par Shimon et Lévy. Dina se retrouve enceinte et elle accouche d’une fille portant le nom d’Osnat. Cette fille à laquelle Jacob donne un talisman et aussi un signe de reconnaissance épousera son oncle Joseph à la cour d’Egypte.

J’anticipe un peu ici sur le déroulement de l’Histoire car, la guemara nous signale, que de la descendance de Joseph (Menashé) naîtra l’un des deux messies que nous attendons : le messie qui devra amener la Guéoula sera « fils de David » comme annoncé dans la meguila de Ruth et dans la guemara de Sanhédrine.

Caroline Elishéva REBOUH

 

HAFTARAT VAYISHLAH 2016

UN SYNOPSIS DE L’HISTOIRE JUIVE

La haftara de Vayishlah est issue du livre du prophète Ovadia (le quatrième des douze « petits prophètes »). Ovadia est un Iduméen (issu d’ Edom) et s’est converti au judaïsme. Il aurait été un contemporain de Jérémie et de la destruction du Temple par Nabuchodonosor. Le fait qu’il ait été investi  en tant que prophète proviendrait du fait qu’il se tenait totalement à l’écart des idolâtres et menait une vie fidèle à celle du judaïsme.

Le ton et le destinataire des paroles proférées par ce petit prophète est dans un sens une remarque faite aux Edomites (Iduméens) de leur conduite vis-à-vis des Hébreux. Au cours de cette prophétie on ne peut plus courte (en tout 21 versets !), Ovadia reproche à ce peuple de toujours vouloir chercher à éliminer Israël comme Esaü a toujours cherché à éliminer Israël.

Le lien avec notre parasha est donc bien clair : Jacob et Esaü (Edom) étaient frères pourquoi Esaü a-t-il toujours voulu éliminer Jacob et faire en sorte de concocter toujours des pièges pour y faire tomber l’autre. Cette rétrospective s’est répétée tout au long de l’histoire juive dès l’apparition et l’officialisation du christianisme  qui dès lors n’a eu de cesse d’éditer et d’imaginer comment éliminer, vexer, humilier le peuple juif de manière à dominer le jeune frère et éviter que, tel que cela apparaît dans la bénédiction d’Isaac où selon ses actes, le puîné règnera sur l’aîné ou le contraire.

Caroline Elishéva REBOUH

 

Ci-dessous la photo des célèbres statues de la personnification de l’Eglise et de la Synagogue, telles qu’elles apparaissent sur la façade de la Cathédrale de Strasbourg. Ainsi, l’Eglise apparaît triomphante face à la synagogue aux yeux bandés et tête baissée.

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