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Vayigach: la lutte entre l’âme et le corps par Shmouel Darmon – vidéo

Avec l’aide de D.  Bonsoir à toutes et à tous, voici un commentaire original sur la paracha de la semaine, Vayigach.
Voici le verset : « Nous avons dit : nous ne descendrons pas, si notre jeune frère n’est pas avec nous, car nous ne pourrons pas voir le visage de l’homme, alors que notre jeune frère n’est pas avec nous ». (Gen 44, 26).
Ce verset, semble-t-il, fait allusion à l’affirmation de l’âme, avant de descendre dans ce monde matériel. En effet, nos maîtres de mémoire bénie nous enseignent que l’âme étant si bien dans les mondes spirituels, elle baigne dans la proximité de la lumière divine, et souhaite rester auprès d’elle.
Pourtant, c’est bien dans un corps physique, en faisant l’expérience de la matérialité, que l’âme pourra vraiment mériter son monde à venir. Ceci correspond à la notion dite du « pain de la honte » : le Créateur du monde souhaite, dans Son projet, que l’homme possède des mérites.
En hébreu, un mérite se dit zekhout. Ce mot est à rapprocher de zakhout, le raffinement, la purification. Comme l’indique la michna Rabbi Hanania ben Akachia affirme que D. voulant accorder du mérite à Israël, Il lui a donné de nombreuses mitsvot à accomplir.
Cela signifie que la pratique des mitsvot élève l’homme au-dessus de la matérialité, il devient ainsi « plus léger », plus spirituel … Bien sûr, D. nous donne tellement, sous forme d’une pluie de dons gratuits, en permanence, mais Il veut quand même une « petite » participation …

Mais malgré tout, l’âme n’est quand même pas prête à descendre. Même si D. lui promet « monts et merveilles », elle souhaite une satisfaction immédiate : celle de la douce et puissante lumière divine …
A moins que … « notre petit frère ne vienne avec nous » … Qui est notre petit frère ? C’est la foi, la émouna. En effet, Benyamin, le jeune frère, a la même valeur numérique que l’expression « kéli émouna », l’instrument de la foi. C’est uniquement à cette condition que l’âme est prête à descendre dans ce monde : pas seule, mais avec la foi ! Parce que sans la foi, la vie dans ce monde ne vaut pas la peine d’être vécue … Et Yehouda insiste : d’abord, son refus est catégorique : nous ne descendrons pas. Par contre, si notre jeune frère est avec nous, nous descendrons !
La suite du verset s’éclaire en comprenant que D. est parfois appelé « homme », comme l’indique le Cantique de la mer : Hachem ich mil’hama, D. est un « homme » de guerre, c’est à dire un fin stratège … Ainsi, Yehouda poursuit : nous ne pouvons pas descendre sans notre jeune frère car nous ne pourrons pas voir le visage de l’homme, alors que notre jeune frère n’est pas avec nous !
Que nous enseigne Yehouda ? Il nous déclare : Si nous n’avons pas la foi (le jeune frère), alors nous ne descendrons pas (dans ce monde) : une vie sans foi est pleine d’amertume ! De plus, quand, à 120 ans, nous remonterons là-haut, si nous n’avons pas cultivé la foi, alors nous ne pourrons pas voir « le visage de l’Homme », c’est à dire que nous ne pourrons pas tenir devant le Créateur du monde : voir le visage de l’Homme signifie ici bénéficier de la lumière de la splendeur divine ! Tout cela pourquoi ? Parce que notre jeune frère n’est pas avec nous, c’est à dire que nous ne possédons pas la foi …
Plusieurs remarques :
1) Yehouda parle à la première personne du pluriel : nous descendrons, nous ne pourrons pas … Pourquoi ? Parce que nous sommes toutes et tous des fragments d’une même âme collective, la Présence divine. Ainsi, le dernier verset des Psaumes dit : kol hanéchama téhalel Y-ah, halélouy-ah, que toute l’âme loue D., Halélouy-ah ! Il n’est pas écrit : que toutes les âmes, mais que toute l’âme … De cela découle une grande et merveilleuse responsabilité : puisque nous ne sommes finalement qu’une seule âme, alors comment en vouloir à l’autre qui est, somme toute, une partie de moi-même ! S’il m’est permis de haïr le mauvais penchant de mon prochain, il m’est interdit de haïr mon prochain, car il est certain que son âme et la mienne sont proches et participent de la même essence et de la même source.
2) Dans ce verset, la foi est appelée : notre petit frère. Pour quelle raison ? La foi est appelée « petit » parce que l’homme doit la faire grandir. Il faut qu’elle devienne mature, qu’elle se renforce !
Et pourquoi est-elle appelée notre frère ? Yéhouda relève de la hodaa, le remerciement : la foi est naturellement associée au remerciement à D. ! En effet, la plus belle expression de la foi n’est elle pas de remercier le Créateur du monde pour toutes Ses bontés ? Si je Le remercie, c’est que je crois en Lui.
Notre petit frère doit être avec nous : la foi doit nous accompagner, sur notre chemin de vie. A nous de la faire grandir. C’est de la sorte que nous pourrons alors nous présenter devant Hachem, parce que la foi relève de la Face lumineuse. Par contre, le scepticisme, les doutes, relèvent de la Face obscure, le côté qui ne relève pas de la pureté. Enfin, la foi n’est pas seulement le frère de Yehouda : elle est « notre frère » à tous, c’est à dire que chacun, selon son vécu et sa personnalité, doit cultiver la foi, à son niveau : la foi en priant, la foi en chantant, la foi en étudiant la Torah, la foi en pratiquant les mitsvot, la foi en regardant une rose, la foi en contemplant le ciel … La foi, tout simplement.
Commentaire dédié à la mémoire de mon grand-père zal Shmouel Sylvain ben Sim’ha Moryoussef.
Shmouel  Darmon

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